"> Matmos - Civil War - Indiepoprock

Civil War


Un album de sorti en chez .

Quelques fois, je trouve les artistes d’aujourd’hui trop intéressés par les catégories : « Mon public attend ça de moi, je vais donc faire ça…C’est comme ça que ça marche. » Ils sonnent comme le frère idiot de Adaptation : « Moi mon style c’est le suspense, c’est quoi le tiens? ». Il vaut mieux d’aller faire un tour […]

Quelques fois, je trouve les artistes d’aujourd’hui trop intéressés par les catégories : « Mon public attend ça de moi, je vais donc faire ça…C’est comme ça que ça marche. » Ils sonnent comme le frère idiot de Adaptation : « Moi mon style c’est le suspense, c’est quoi le tiens? ». Il vaut mieux d’aller faire un tour sur http://www.archive.org/ et télécharger les vieux hits de Robert Johnson ou Bessie Smith, ils n’avaient pas de préoccupations commerciales eux.
C’est peut-être ce que Matmos a pensé faire pour Civil War, mais plutôt que ça, ils ont profités de leurs contacts. Steve Goodfriend, Jim Putnam de Radar Bros. (sorte de country triste), Mark Lightcap de Acetone (essentiellement la même musique), Keith Fullerton Whitman (ou Hrvåtski) et finalement David Grubbs (pas besoin de présentation) ont tous eu un impact sur le résultat final.
Le manque d’égocentrisme chez certains artistes brisent leur capacité à se dépasser, mais pas chez Matmos. Ils partagent un terrain d’entente avec des invités qui peuvent fabriquer de bien meilleures mélodies que le duo, lui habitué à servir du réchauffé electro pour rendre plus accessible ses manipulations sonores reconnaissables entre toutes. L’histoire est bien différente sur Civil War. L’utilisation de sources audio non-musicales semble terminée. Après les interventions chirurgicales, et les rats de A Chance To Cut Is A Chance To Cure, les éclatements de bombes et les fusillades pour Civil War? Au lieu de ça, la musique americana, irlandaise, folk est à l’honneur.
Plus musical, moins excitement de passage que le, entre vous et moi, surestimé et franchement ennuyant en par bouts, A Chance To Cut Is A Chance To Cure, donc, ce nouveau Matmos montre que le groupe ne carbure pas seulement aux bourdonnements, mais aussi aux belles harmonies. Le simple fait de s’y intéresser affecte leur programmation. Elle devient moins clinique, austère, mieux amenée et surtout non dépendante des effets de choc. Ce n’est pas pour dire qu’elle perd en personnalité. On reconnaît le Matmos qu’on aime, celui qui trouve le ridicule, le beau et le laid dans les sons et qui l’exploite à merveille. Seulement, tout est tellement plus appréciable, car leur musique vient maintenant nous chercher pour plusieurs raisons.
Ça commence avec une musique irlandaise véritablement jouée par des musiciens et fraîchement repensée, sous amphétamines soniques. Voilà un style musical qu’on laisse normalement dans sa stagnation sans véritable raison en pop ; pour dire, je n’ai que la Kate Bush des années 80 en tête pour une utilisation hors contexte de ce folklore (et ma pièce difficilement dansable La décadence ; un peu de pub gratuite).
Rapidement, le sens approximatif de la structure à demi-effacée de Matmos revient en force sur les longues Reconstruction et Ytte. Entre le sentiment d’une improvisation et celui d’une composition, nous sommes partager pour ces deux titres. L’amalgame réussie à franchir un pas entre la résonance amicale de la campagne et la résonnance des bas cartiers où les poubelles deviennent des lieux de survie. Plus que ça, l’image d’une fantaisie militaire où les conséquences des radiations sont à la fois désastreuses et enjouées, qui berce une foule conquise par les libertés du nouveau thème officiel de l’armée américaine n’est pas à laisser de côté.
L’air de rien, The Stars and Stripes Forever, un enregistrement de vieille marche militaire, sert de base pour l’une des plus mémorables reconstructions (mais trop courte) de Matmos! Ensuite, The Struggle Against Unreality dévoile un son acoustique tout américain avant d’entrer en transe new-yorkaise.
Il y a des moments où la retenue étouffe Matmos : For the Trees ne lève pas plus haut que n’importe quel instrumental de plaisance pour vos parents ; la nudité d’effets de Pelt And Holler, on en trouve à la pelle partout et ça ne devrait pas être le cas, c’est de la paresse intellectuelle. Heureusement, ces exemples sont l’équivalent d’enfants entourés de parents très, très intelligents. Etrange qu’il y est une reprise pour For the Trees :(
Cet album justifie amplement la réputation de Matmos en tant que groupe phare de l’électronique expérimentale populaire!

Chroniqueur
  • Publication 449 vues15 août 2003
  • Tags MatmosMatador
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Tracklist

  1. Regicide
  2. Zealous Order Of Candied Knights
  3. Reconstruction
  4. Y.T.T.E.
  5. For The Trees
  6. The Stars And Stripes Forever
  7. Pelt And Holler
  8. The Struggle Against Unreality Begins
  9. For The Trees (Return)

La disco de Matmos