"> Neil Young - Prairie Wind - Indiepoprock

Prairie Wind


Un album de sorti en chez .

Cet homme est immuable, inaltérable, inoxydable. Il nous enterrera tous, c’est une certitude. Bravant sans cesse les obstacles qu’un destin particulièrement retors a placé sur sa route (se reporter à l’article que Michel Houellebecq lui a consacré dans le Dictionnaire du Rock), Neil Young aligne imperturbablement les albums, navigant de l’électrique à l’acoustique, alternant le […]

Cet homme est immuable, inaltérable, inoxydable. Il nous enterrera tous, c’est une certitude. Bravant sans cesse les obstacles qu’un destin particulièrement retors a placé sur sa route (se reporter à l’article que Michel Houellebecq lui a consacré dans le Dictionnaire du Rock), Neil Young aligne imperturbablement les albums, navigant de l’électrique à l’acoustique, alternant le magique, l’excellent ou l’anecdotique.

De disque en disque, on retrouve Neil Young intact, accompagné de sa voix fragile et haut perchée, de son jeu de guitare particulier, de son penchant chronique à rallonger les chansons au-delà du raisonnable… Mais au-delà de l’énumération de ses qualités et défauts, la simple présence de Neil Young sur la scène musicale a quelque chose de rassurant. Cet homme personnifie à lui seul tout un pan du rock, continue à suivre une trajectoire qui n’appartient qu’à lui, et reste important près de quarante ans après ses débuts – un cas unique parmi les dinosaures du rock.

Après une période électrique faste (fin 80’s/ début 90’s), conclue par le grandiose Mirrorball, Neil Young enchaîne depuis des albums assez inégaux, plutôt bons mais sans génie. Conçu après une opération lourde au cerveau en avril 2005, Prairie Wind s’inscrit dans cette veine mineure, et ne restera certainement pas comme l’un des chefs-d’oeuvre de son auteur.

Enregistré à Nashville, dédié au père décédé de Young, cet album est ouvertement acoustique et tourné vers la country ; il se veut le successeur de Harvest et Harvest Moon. Une veine méditative et mélancolique qui en général sied à merveille au Loner canadien, mais, ici, le charme n’opère pas totalement.

Est-ce le son très poli et travaillé, presque trop, qui nous fait regretter la puissance du Crazy Horse ? Ou les compositions, souvent un peu plates et dont assez peu marquent durablement l’oreille de l’auditeur ? Toujours est-il qu’au regard des ambitions affichées, le résultat, quoique plaisant, ne convainc pas réellement. Restent le plaisir intact des retrouvailles, et quelques belles chansons ( No Wonder, Here for You, This Old Guitar ), qu’on aurait encore préférées dans des versions plus dépouillées.

Chroniqueur