Premier album pour Petite Noir, nouveau caméléon de la pop moderne...
Il n’y a pas a chercher bien loin l’étroite ambition de Petite Noir, alias Yannick Ilunga à la ville. Ce citoyen du monde, né de parents angolais/congolais et installé en Afrique du Sud, applique un précepte que d’autres ont prêché avant lui, à savoir fusionner la puissance et la noblesse des sonorités africaines à leurs cousines occidentales, versant electro-pop industriel.
Outre cet univers cosmopolite dans lequel Ilunga semble bien parti pour briller, le jeune homme se réclame du mouvement « noirwave », un concept qu’il décrit non comme un genre musical mais plutôt une philosophie à part entière, où la soif d’expression et le positivisme doivent, en ces temps de crise, primer sur tout autre sentiment contraire. Le tout en musique, bien entendu.
C’est dans cet esprit de pragmatisme que ses débuts sur long format succèdent à un premier EP remarqué sorti en janvier dernier (« The King Of Anxiety »), où l’étoffe du contenu instrumental se voyait mêlé à des propos emplis de tension, en plus de dresser le principal intéressé sur la liste des jeunes pousses à suivre avec la plus grande attention.
L’anxiété mise de côté, Petite Noir se mue ici en apologiste de la quiétude, au gré d’un ensemble résolument entraînant et tributaire des talents artistiques du jeune homme, baladant sa plume et son timbre aussi bien dans les graves qu’au moyen de flows séducteurs. Le choc des influences confère à ce premier opus une polyvalence maîtrisée de but en blanc, distillé au croisement d’une pop sophistiquée (Best, Freedom, Just Breathe, Chess) et de l’expression politisée des styles afro-américains, r’n’b et hip-hop en tête (Colour, MDR, ou encore le morceau-titre La Vie Est Belle en duo avec le rappeur belge – également d’origine congolaise – Baloji). On en oublierait presque l’ivresse et la saveur de ses atouts « world music », et pourtant, chacun des titres se voit agrémenté de percussions tribales, de cordes suavement chaleureuses et d’une atmosphère générale s’imprégnant des richesses artistiques et culturelles de l’Afrique équatoriale.
Si vous ne savez guère dans quelle boîte ranger le style de Petite Noir après avoir appréhendé cette première livraison, sachez que nous non plus. Mais il s’agit bien là du principal attrait de cet artiste de vingt-quatre ans, réunissant avec brio au travers de sa discipline et son « noirwave » ravageur ce que l’humanité perd peu à peu : la tolérance et la fraternité. « La Vie Est Belle » en est surement l’un des plus formidables plaidoyers…
- Publication 790 vues22 septembre 2015
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