"> Phoebe Killdeer And The Shift - The Piano’s Playing The Devils Tune - Indiepoprock

The Piano’s Playing The Devils Tune


Un album de sorti en chez .

9

L'enfers est pavé de bonnes incantations...

Phoebe Killdeer marche aux projets et se singularise dans la disparité, l’électro classieuse de Nouvelle Vague, la pop Jazzy des Short Straws (popularisée pas The Avener), la froideur élégante de Valparaiso dont les « Winter Sessions » nous avaient déjà conquis.

Accoquinés avec la légendaire Fabienne de Pulp Fiction, j’ai nommé Maria De Medeiros, les Shifts et leur vocaliste vont construire une atmosphère intimiste et inconfortable, rappelant régulièrement le travail des Mendelson et autre Bruit Noir, en appelant aux mêmes influences : les rythmiques épileptiques d’un Joy Division et l’indus épurée et tribale d’un Suicide. Alors oui c’est particulièrement déroutant pour les connaisseurs de la dame plus habitués aux volutes jazzy classieuses qu’à des agressions millimétrées et anarchiques de l’indus, mais le background et la nature même de la voix de Phoebe Killdeer vont donner tout le charme de l’album. De fait l’opus va s’articuler autour de ce qui semble être une dichotomie entre la suavité de la chanteuse et la noirceur froide des compositions, la rencontre de la fluidité aérienne et de la discontinuité des pulsions instrumentales. Car oui au final plus qu’une dichotomie, il s’agit d’une rencontre…

Est-ce parlé ? Est-ce chanté ? Et quels sont ses bruitages triturés ? Plus qu’un ensemble musical, cet opus est une ambiance, une métaphore sur mesure, en tout cas peu évident à classifier. Get Lost notamment avec son synthétiseur timide et bancal s’achevant sur un ensemble à corde des plus déroutant nous immerge dans des tourments d’introspection. Dream B avec le même goût pour l’épuration et les arrangements en apparence anarchiques, ne les empêchant pas de faire mouche, nous plonge également dans un je ne sais quoi d’improbable, une atmosphère dont on a du mal à comprendre ce qui nous hypnotise tant le propos est déstructuré. Trumble Rumble, lui, semble faire écho, de loin, à du free jazz revisité, à la limite d’un rap à la Gil-Scott Heron s’achevant sur un final trip hop martial où la chaleur profonde de la voix prend toute son ampleur. Where Are You Sunshine ? Oui, on se demande bien où se trouve la lumière dans cet océan de noirceur… Magnifique titre dont la rythmique à deux touches de piano suffit à notre bonheur, nous ramenant aux déviances d’obscurs artistes tels que Lydia Lunch. L’album trouve son épilogue sur un a cappella envoûtant, chamanique, Maria, pas de texte, que du son, de 48 secondes… Voilà une conclusion qui introduit bien cette oeuvre qui tient de la performance artistique, un réel objet dont l’accès n’est pas aisé et qui rebutera autant qu’il intriguera.

L’impassibilité ne fait pas partie des choix qui s’offrent à l’auditeur à l’écoute de tels albums, rien qu’en cela l’expérience ne se refuse pas. De notre côté, l’expérience s’est répétée et se réitérera encore, tant  « The Piano’s Playing The Devils Tune » opère sur nous avec force et subtilité. Un vrai cadeau inattendu de cette année.

S’il ne devait en rester qu’un titre : The Piano’s Playing The Devils Tune.

 

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La disco de Phoebe Killdeer And The Shift