"> She Keeps Bees - Dig On - Indiepoprock

Dig On


Un album de sorti en chez .

La pop est une source inépuisable de plaisirs diversement coupables; qui donc, parmi les lecteurs et rédacteurs d’un site comme le nôtre (mis à part de pauvres hères arrivés en ces pages au terme d’une recherche hasardeuse ou d’une erreur d’aiguillage), pourrait prétendre que la béatitude engendrée par l’écoute d’une mélodie-confiserie mise en valeur par […]

La pop est une source inépuisable de plaisirs diversement coupables; qui donc, parmi les lecteurs et rédacteurs d’un site comme le nôtre (mis à part de pauvres hères arrivés en ces pages au terme d’une recherche hasardeuse ou d’une erreur d’aiguillage), pourrait prétendre que la béatitude engendrée par l’écoute d’une mélodie-confiserie mise en valeur par de riches arrangements et des orchestrations pléthoriques, ne compte pas parmi les bonheurs les plus incontestables ? Pourtant, il arrive que la sophistication, la délicatesse déployées par les plus habiles orfèvres pop engendre également quelque lassitude. Dans ces cas là, du hip-hop au metal en passant par le blues, les exutoires sont nombreux. Pour les journées de diète, le rugueux "Dig On", troisième album du duo She Keeps Bees, s’avère être une prescription des plus efficaces.

Evidemment, on pourra toujours arguer avec raison que le coup du duo mixte proposant un rock bien binaire, rêche et mâtiné de blues, on commence à le connaître plus que par coeur. She Keeps Bees se démarque cependant de nombreux groupes similaires par sa capacité à trousser de vraies chansons minimalistes et tendues, ainsi que grâce à la voix, superbe, de Jessica Larrabee, opportunément mise en avant et qui s’inscrit dans la tradition des plus mémorables vocalistes du rock indie. On pense immanquablement à Chan Marshall (Cat Power), notamment sur un morceau d’ouverture (Saturn Return) qu’on pourrait croire issu des chutes de studio de "What Would The Community Think ?", ou bien sur le bluesy Farmer. Cette veine abrasive, basique, celle qui fait la sève des premiers albums de Cat Power, est parfaitement maîtrisée par le duo et donne tout son charme à ce nouveau disque.

"Dig On", développe un rock mâtiné de blues et très sobre, sur une douzaine de chansons brèves dont l’ensemble n’excède que de très peu la demi-heure. Parce que l’on a grandi avec les Pixies et Bad Religion, on a toujours eu en tête que la concision était une vertu : une maxime encore vérifiée ici. Le son est basique, dépouillé, centré sur une batterie économe et une guitare aux riffs primitifs, à la fois indolents et mordants. Cette formule, simple, limpide, offre au timbre de Jessica Larrabee un écrin idéal et permet à She Keeps Bees de passer sans effort d’une énergie très rock (See Me, Vulture) à une mélancolie beaucoup plus insondable (Make You My Moon, Calm Walk In The Dark). Réussir, en duo et avec une formule aussi limitée, à éviter les redites et à créer différentes ambiances avec une égale pertinence, n’est pas chose facile, on ne se retiendra donc pas de saluer cette belle réussite.

"Dig On" n’est pas un disque à la mode – cela ne le rend que plus attachant. De là à dire qu’il sera à l’épreuve du temps, il y a évidemment un grand pas, mais on ne serait pas surpris de constater, dans quelques années, qu’un album tel que celui-ci revienne plus souvent sur nos platines que bien d’autres titres portés par une hype aussi efficace qu’excessive.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Saturn Return
  2. Found You Out
  3. Farmer
  4. See Me
  5. Sister Beware
  6. Make You My Moon
  7. All Or None / Dark Horse
  8. Jupiter Deep
  9. Blind To The Cup
  10. Vulture
  11. Calm Walk In The Dark
  12. Burn

La disco de She Keeps Bees