"> Sophie Hunger - Monday's Ghost - Indiepoprock

Monday’s Ghost


Un album de sorti en chez .

Assister à l’éclosion d’un artiste est toujours un moment émouvant pour tout mélomane qui se respecte. Ici, en l’occurrence, il s’agit d’une jeune femme, Suissesse de surcroît, ce qui est assez rare pour le souligner. Elle n’en est pourtant pas à son premier fait d’armes, en vraie autodidacte elle a sortie en catimini un album […]

Assister à l’éclosion d’un artiste est toujours un moment émouvant pour tout mélomane qui se respecte. Ici, en l’occurrence, il s’agit d’une jeune femme, Suissesse de surcroît, ce qui est assez rare pour le souligner. Elle n’en est pourtant pas à son premier fait d’armes, en vraie autodidacte elle a sortie en catimini un album autoproduit, intitulé "Sketches On Sea", mais elle n’a aucune formation musicale classique. Cela ne l’a pas empêché de prendre son courage à deux mains, et avec la personnalité qu’elle a, de s’attaquer à l’étape fatidique du premier véritable album.
 
Ayant choisi l’anglais, car elle doit sûrement s’y sentir plus à l’aise, pour exprimer ses émotions à travers les textes de ses chansons, elle s’octroie néanmoins une faveur sur Walzer Für Niemand, comptine déchirante en allemand et au piano. Le trombone de Michael Fury instaure une ambiance feutrée, propice à la confidence et au recueillement. Jouant à part égale du piano et de la guitare, Sophie Hunger se fond dans le décor installé par ses musiciens. En témoignent des morceaux intimistes de l’ordre de Shape, sur lequel sa voix, si poignante, alterne les murmures et les envolées. Sur The Boat Is Full, c’est à la géniale Ani Di Franco que l’on pense, autant pour l’énergie véhiculée par le morceau, que pour le chant qui prend des tournures sauvages.
 
Beauty Above All est l’occasion pour Sophie Hunger de prendre un peu ses distances avec sa bande, et aussi de nous faire vibrer grâce à la pureté de son chant, comme sur la très belle ballade Monday’s Ghost. Par contre, sur Sophie Hunger Blues, elle endosse le rôle d’imprécatrice blues pour une longue déclamation, et marque le rythme en tapotant sur sa guitare. Round And Round, sûrement un des meilleurs morceaux de l’album, la fait hésiter entre le piano et la guitare, et le contraste entre les deux instruments est très bien trouvé, sans parler de sa voix, encore et toujours. On la retrouve survoltée sur The Tourist, mais avec grâce. Teenage Spirit, de la trempe aussi d’une Ani Di Franco, est sublimissime. La percussion apporte une rythmique, qui prend un malin plaisir à s’amuser avec les cordes de guitare, en n’oubliant pas de se lover dans le trombone. Sophie Hunger renoue avec ses racines, en chantant un passage en suisse-allemand sur Rise And Fall et clôt son album avec House Of Gods, un morceau atmosphérique d’une beauté à couper le souffle.
 
On tient là une artiste d’exception, au caractère bien trempé, ardente et émouvante. Sophie Hunger ne laisse pas indifférent, sûrement la plus belle révélation musicale de cette année.

Chroniqueur

La disco de Sophie Hunger