"> Sprints - Letter To Self - Indiepoprock

Letter To Self


Un album de sorti en chez .

7

Le premier album de la nouvelle formation furieuse dublinoise.

Voilà un groupe qui, comme quelques autres, a pris son temps pour éditer son premier album, puisqu’on parle de Sprints depuis 2020, mais est maintenant déterminé à en découdre. Un groupe qu’on classe dans la mouvance post-punk et qui est en passe de venir confirmer que le chaudron actuel du genre est bel et bien Dublin, la capitale irlandaise étant déjà le berceau de The Murder Capital ou Fontaines DC, pour ne citer que les plus connues des formations apparues ces dernières années. Par rapport à ses comparses, le groupe mené par Karla Chubb, voix, guitare et plume principale de SPRINTS est néanmoins certainement le plus bruyant. Le plus prévisible aussi ? Possible, du moins en partie.

En effet, SPRINTS ne portent pas parfaitement leur nom dans le sens où leurs compositions sont clairement marquées par un schéma préférentiel, si on ose s’exprimer ainsi. Concrètement, la plupart des titres de « Letter To Self » démarrent en tempo lent tendu, les premiers couplets font monter progressivement le magma avant une explosion inéluctable portée par les guitares. C’est sans doute la principale limite du groupe, en tout cas à cette période de leur carrière, qui n’en est toutefois qu’à ses débuts. En outre, que le schéma de composition soit quelque peu monochrome ne signifie pas qu’il ne fonctionne pas, bien au contraire. Si un titre comme Heavy ne se révèle pas bouleversant, « Letter To Self » contient aussi son lot de petites grenades qui ne demandent qu’à être dégoupillées. Et ce d’autant plus que la matrice de l’album repose sur des éléments classiques mais qui n’en restent pas moins un carburant inépuisable pour le rock. Le groupe, et notamment Karla Chubb, qui communique volontiers, n’en fait ainsi pas mystère : ce premier album est, dans ses textes souvent sombres et angoissés très autobiographique et, musicalement, le réceptacle des principales influences de SPRINTS : Idles, Savages, le rock gothique des 80’s, notamment Bauhaus, le noise-rock des 90’s, mais aussi des formations plus dansantes comme LCD Soundsystem.

Il est ainsi absolument impossible de ne pas succomber à Shadow Of A Doubt, qui démarre avec la voix presque étranglée d’émotion de Karla Chubb soutenue par un accord de guitare flippé avant qu’une explosion qu’on ressent sincèrement libératrice vienne tout emporter. Parallèlement, le groupe est aussi capable de varier les dynamiques et se montre, quand c’est le cas, à chaque fois convaincant. Can’t Get Enough Of It est ainsi un titre tout en tension contenue du début à la fin avec un canevas sonore bien tissé, tandis que Shaking Their Hands se rapproche au maximum de ce qui, pour SPRINTS, s’apparente à une ballade, avec là encore des guitares en tension rentrée mais toujours grondantes en fond et une belle latitude laissée à la voix de Karla Chubb pour laisser parler l’émotion. Enfin, en fin d’album, le groupe joue de sa fibre irlandaise en glissant dans son punk rock une touche de folklore assez typique, on pense notamment à Literary Mind. Un titre qui, tout comme Up And Comer apporte à l’album une fibre euphorique en contrepoint voulu à la tension et aux angoisses qui suintent souvent des textes.

Si, à ce stade, il est difficile de promettre un avenir radieux à SPRINTS, il faut vraiment prendre « Letter To Self » tel qu’il est et savoir gré au groupe de lancer 2024 sur les chapeaux de roue.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Ticking
  2. Heavy
  3. Cathedral
  4. Shaking Their Hands
  5. Adore Adore Adore
  6. Shadow of a Doubt
  7. Can't Get Enough of It
  8. Literary Mind
  9. A Wreck (A Mess)
  10. Up and Comer
  11. Letter to Self

La disco de Sprints

Letter To Self7
70%

Letter To Self