"> The Black Keys - Magic Potion - Indiepoprock

Magic Potion


Un album de sorti en chez .

Les Black Keys défient l’entendement, la raison. Leur existence en ce début de troisième millénaire est un contresens absolu, leur obstination à délivrer strictement la même musique d’un album à l’autre un pied-de-nez aux règles de l’érosion. Le compteur désespérément bloqué en 1968, le duo originaire d’Akron (Ohio) pratique un blues-rock issu d’une bacchanale effrénée […]

Les Black Keys défient l’entendement, la raison. Leur existence en ce début de troisième millénaire est un contresens absolu, leur obstination à délivrer strictement la même musique d’un album à l’autre un pied-de-nez aux règles de l’érosion. Le compteur désespérément bloqué en 1968, le duo originaire d’Akron (Ohio) pratique un blues-rock issu d’une bacchanale effrénée où l’on croise pêle-mêle Led Zeppelin, Jimi Hendrix ou Muddy Waters.

Cette "Magic Potion" est encore une fois un flot poisseux de guitares reptiliennes. Impossible d’en ressortir réellement un titre parmi les autres, l’ensemble est d’une linéarité et d’une homogénéité confondantes : tout se ressemble. On a besoin des doigts des deux mains pour dénombrer les resucées du riff de Heartbreaker, mais là n’est pas vraiment le sujet. L’important reste ce son, squelettique (guitare, batterie, voix), brut et pourtant d’une force impressionnante, ainsi que son aptitude à charrier la même excitation torve, à provoquer la même fascination lascive.

En celà, il manque aux Black Keys, par rapport aux White Stripes, autre duo au son minimaliste, une dimension pop, mélodique, qui permettrait à leur musique de s’affranchir de cette expansion unidimensionnelle. Ici, un son et deux accords suffisent à définir l’album, là où Jack et Meg White réussissent à transcender le matériau brut pour y tailler de véritables diamants pop ou country. C’est finalement là tout le paradoxe de ce duo anachronique : leur musique, puissante, physique, rugueuse, est un vrai bain de jouvence… qui donne surtout envie d’écouter d’autres disques, et de ressortir ses vieux classiques sixties.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Just Got to Be
  2. Your Touch
  3. You're the One
  4. Just a Little Heat
  5. Give Your Heart Away
  6. Strange Desire
  7. Modern Times
  8. The Flame
  9. Goodbye Babylon
  10. Black Door
  11. Elevator