Troisième album des Irlandais, de retour en tension.
L’époque n’est définitivement pas à la modération. Cela fait quelques années que le post-punk est revenu sur le devant de la scène, comme il le fait régulièrement depuis 40 ans. Et, comme souvent, les formations qui se distinguent démarrent par un premier album brut de décoffrage, pied au plancher, avant d’élargir le spectre sur les albums suivants, histoire d’éviter la redondance et de vite tomber dans l’oubli. Les Irlandais de The Murder Capital s’étaient eux distingués à leurs débuts par des morceaux tout en tension qui s’étiraient sur de longues minutes, rendant leut post-punk plus poisseux et vénéneux. Sur « Gigi’s Recovery », leur second album, ils avaient évolué vers un peu plus de rondeur, une trame plus mélodique et des morceaux tour à tour plus efficaces et évidents ou plus épiques. L’exercice avait globalement séduit mais n’était pas sans risques puisqu’une évolution dans cette veine pouvait facilement les faire basculer vers le rock héroïque à la U2 des années 80, référence d’autant plus évidente pour un groupe irlandais.
Mais, comme on a commencé par le mentionner, l’époque n’est pas à la demi-mesure. Ainsi, après la salve radicale lancée en tout début d’année par les filles de Lambrini Girls, la troupe menée par James McGovern a clairement décidé de revenir aux fondamentaux. Attention toutefois, « Blindness » n’est pas à proprement parler un demi-tour pour The Murder Capital qui, sur une bonne moitié des morceaux de ce nouvel album, ralentit le tempo, peut même parfois s’appuyer sur une base principalement acoustique, comme sur Swallow. Cela marque à la fois une continuité chez eux et l’empreinte d’une certaine « maturité », un groupe qui arrive au troisième album étant logiquement à même de faire montre d’une vraie capacité d’écriture. En l’occurrence, elle est globalement là même si, parfois, James McGovern se perd un peu dans des monologues qui vampirisent les morceaux, sensation notamment ressentie sur Love of Country.
En revanche, en termes de production, le groupe a opté pour un minimum d’effets, laissant sonner les instruments tels quels. Et, quand le groupe décide d’aller à l’essentiel, leur post-rock nous saute littéralement à la figure, dès l’inaugural Moonshot, sur Can’t Pretend To Know ou The Fall. Un recentrage du propos plus que salutaire, qui rend le groupe plus explosif que jamais et écarte les craintes de le voir voguer vers des horizons qui nous auraient éloigné de lui. C’est de loin la meilleure nouvelle de « Blindness ».
- Publication 1 142 vues21 février 2025
- Tags The Murder CapitalHuman Season records
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Tracklist
- Moonshot
- Words Lost Meaning
- Can't Pretend To Know
- A Distant Life
- Born Into The Fight
- Love Of Country
- The Fall
- Death Of A Giant
- Swallow
- That Feeling
- Trailing A Wing









