Le retour des new-yorkais cinq ans après leurs débuts.
Quand exactement soldera-t-on l’héritage du Covid et du confinement de 2020 ? La question reste d’actualité puisque ce second album du groupe new-yorkais The Wants paraît cinq ans après « Container », leur premier album, paru donc, lui, au beau milieu de cette période où le monde entier était quasi à l’arrêt. Est-ce un hasard s’il leur aura fallu cinq longues années pour lui pondre un successeur et la carrière du groupe aurait-elle été autre si « Container » était sorti dans un contexte »normal » ? Bien sûr, on ne pourra pas refaire l’histoire mais toujours est-il qu’à la veille de la parution de leur premier album, The Wants était présenté comme une des formations à suivre, bien calée dans la résurgence post-punk, teintée de new-wave dans leur cas, à l’oeuvre à l’époque. Evidemment, ensuite, sans réelle exposition, sans possibilité de défendre un premier album sur scène, tout devient plus compliqué.
Faut-il pour autant considérer que, même si c’est à leur corps défendant, The Wants ont raté le train d’un potentiel succès et passer à autre chose ? Non, bien sûr, d’autant plus que « Container » était plein de belles promesses. Mais où en sont les New-Yorkais, où allaient-ils reprendre les choses, ça, ça restait une question en suspens. Void Meets Concrete, qui ouvre l’album, nous donne une première piste : un son assez métallique, organique et synthétique, une ambiance assez tendue, les fondamentaux entrevus sur « Container » sont toujous de mise. La suite est à l’avenant, et on retrouve également sur les morceaux suivants le goût du groupe pour les structures circulaires, avec des boucles, musicales ou textuelles, qui reviennent encore et encore.
Pris individuellement, les morceaux fonctionnent plutôt pas mal, et on apprécie notamment la tension exacerbée qui explose sur All Comes At Once, qui n’est pas sans rappelet PIL. En revanche, à mesure que l’album avance, on a un peu de mal à ne pas sentir comme un sentiment de rectitude, comme si le groupe avait du mal à sortir d’un schéma, et à retrouver les boucles entraînantes et presque pop qui faisaient mouche sur « Container », même si Cruel adoucit un peu le propos et apporte une ligne mélodique un peu plus aérée. Et sur le reste de l’album, on ne va jamais complètement sortir de cette impression. Quelques moments plaisent plus que d’autres, une ligne mélodique accroche ici ou là, notamment sur Lover Sister Mother, mais on a du mal à véritablement sentir le groupe épanoui dans ses schémas et capable de nous convaincre. Bref, « Bastard » ressemble à l’album d’un groupe qui cherche à reprende le fil de sa musique mais est peut-être justement trop occupé à le retisser pour regarder devant. C’est dommage.
Tracklist
- Void Meets Concrete
- Data Tumor
- 87 Gas
- Disposable Man
- All Comes At Once
- Cruel
- Too Tight
- Lover Sister Mother
- Feeling Alright
- Explosions
- No Need







