"> The Wants - Container - Indiepoprock

Container


Un album de sorti en chez .

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Premier album du trio post-new-wave de New York.

En 2020, New York veut marquer l’année musicale de son empreinte. Plus exactement, cela fait quelques années que l’on avait pas vu la publication à quelques semaines d’intervalle d’une poignée d’albums édités par des formations ayant toutes pour point commun la grosse pomme comme point d’attache. Simple hasard ou phénomène de fond, difficile à dire mais, plutôt que gloser dessus, ce qui est plus intéressant est qu’en 2020, on continue, plutôt qu’à revisiter, à s’abreuver, avec un certain brio, aux sonorités en vogue à la charnière des années 70 et 80. Après le néo-goth de Bambara, le post-punk intello de RVG, voici donc la post-new-wave synthétique de The Wants, délayée sur un premier album.

A l’image du premier opus de Fontaines DC l’an dernier, « Container » pourra s’avérer légèrement frustrant pour ceux qui connaissent le trio depuis le début et sont déjà familiers de leurs premiers singles puisque l’album ne leur offrira qu’une petite poignée de titres réellement inédits. Pour les autres, la porte d’entrée s’avérera plutôt accueillante. Premier constat, The Wants ne font a priori pas partie des groupes qui ont lancé un premier single à l’aveuglette sans trop savoir de quoi la suite serait faite. Au contraire, tout laisse à penser que le trio avait, au moins dans les grandes lignes, conçu « Container » depuis un moment et a édité ses premiers morceaux tels des ballons d’essai pour asseoir petit à petit sa réputation et passer la seconde avec la publication de l’album. Car, à l’écoute de « Container », on sent un album ficelé du début à la fin, avec montée progressive, morceaux les plus catchy au milieu, transitions bien assurées et final au cordeau. Une impression qui révèle une bonne dose de confiance, de certitudes déjà bien établies. Le risque, à ce stade, était qu’elles le soient un peu trop.

Mais si le groupe affiche sa confiance, il a également choisi de ne pas jouer la surenchère. Au risque, comme déjà mentionné en début de chronique, de légèrement décevoir ses tout premiers fans, le trio a opté pour un album concis, ramassé et propre à l’écoute en boucle. Car, c’est un fait, on entre facilement dans l’album et The Wants s’y entendent pour trousser des morceaux qui vous entrent dans la tête et qu’on peut facilement mettre sur « repeat », Fear My Society, avec son accord évident en premier lieu. Un morceau qui évoque bien évidemment Depeche Mode, référence qu’ils pourraient entendre un peu trop souvent leur revenir aux oreilles, au risque de diminuer leur aura. Pourtant, elle ne les rabaisse en rien, car elle met au contraire en exergue que, finalement, avec le recul, les groupes capables de combiner une certaine froideur synthétique avec un sens inné du « tube », on en a pas connu tant que ça. Parallèlement à cette fibre, à l’oeuvre également sur Container ou l’excellent Clearly A Crisis, The Wants laissent ouvert le champ des possibles avec des instrumentaux intrigants, à la fois transitions entre les morceaux chantés, terrains plus expérimentaux et facteurs d’ambiance. Une ambiance à la fois froide, un rien claustro, et en même temps bardée de groove. Bien sûr, avec le confinement, il n’en fallait pas plus pour qu’on pointe qu’avec « Container », The Wants en avaient écrit la bande son parfaite avec cette musique qui suinte l’envie de danser et un sentiment d’enfermement. Avec un peu plus de recul, « Container » apparaît surtout comme une belle illustration d’influences bien digérées et pertinemment intégrées à une musique qui capte avec un vrai talent la tension de notre époque.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Ramp
  2. Container
  3. Machine Room
  4. Fear My Society
  5. The Motor
  6. Aluminum
  7. Ape Trap
  8. Waiting Room
  9. Clearly a Crisis
  10. Nuclear Party
  11. Hydra
  12. Voltage

La disco de The Wants

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80%

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