"> La Route du Rock 2004 - Indiepoprock

La Route du Rock 2004

Samedi 14 août 2004

La journée a été ensoleillée et c?est avec un plaisir non dissimulé que les festivaliers se laissent bercer, comme la veille, sur la Plage de l?éventail (rebaptisée FNAC pour l?occasion?), par les lives et les mixes qui leurs sont offerts. On peut noter l?agréable prestation de NOUVELLE VAGUE qui fait passer à la sauce bossa les standards de la new wave. Les voix sont douces et l?une n?est pas sans rappeler l?un des chanteuses de COCO ROSIE en concert la veille au Palais du Grand Large. Bref, des conditions idéales pour prendre deux-trois coups de soleil en faisant la sieste.

De retour sur le site de Saint-Père, le public, encore baigné par cette ambiance de farniente, découvre les anglais de FLOTATION TOY WARNING, dont la pop orchestrée et mélancolique n?est pas sans rappeler l?esprit d?un Grandaddy ou d?un Mercury Rev. Une jolie découverte qui devrait sans aucun doute prendre toute son ampleur sur disque qui sort en France mardi prochain.

Valerie Trebeljahr, pénètre sur scène dans une petite robe rose et on se laisse rapidement séduire par le charme discret de cette jeune femme policée. Sa voix et ses mélodies electro-pop donnent une certaine mélancolie à LALI PUNA qui est contrebalancée par le côté noise, répétitif et hypnotique des trois garçons (dont des membres de Notwist et Console) qui l?entourent à la guitare-basse-batterie. Le public accroche ! Espérons qu?il les suive également sur « Faking the Books », leur dernier album en date, sorti sur l?excellent label Morr Music.

Il s?était en tout cas déplacé en masse puisque l?organisation tablait en cette soirée sur 8000 personnes venues sans aucun doute pour suivre la prestation des survivants de la French Touch : AIR. Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel ont bien évolué, ils ont désormais du métier et les moyens d?assurer tranquillement une bonne prestation. Carré, le groupe enchaîne les tubes, avec un plaisir non dissimulé. On se presse, on se serre et jubile sur les singles de « Moon Safari » : Sexy Boy et Kelly watch the stars. Succès également lorsque Gordon Trax (Phoenix), les rejoint pour un très bon Playground Love, première fois depuis l?enregistrement du titre pour la BO de « Virgin Suicides » et de bon augure pour la suite des évènements.

En effet, car pour poursuivre la soirée sous l?égide de la connexion versaillaise et après un mix consacré aux intermittents, PHOENIX s?empare de la scène pour asséner le set le plus dansant du Festival. Un groove riche, des mélodies accrocheuses quoiqu?un peu évidentes, il n?en faut pas plus pour voir le Fort s?agiter, se dandiner et trépigner pour mieux communier avec le groupe qui réalise sans doute l?une des prestations les plus longues de la Route du Rock.

Le succès de ce groupe grand public aurait pu entraîner une réserve voire une certaine hostilité de la foule face au soul-rock noise parfois aride de TV ON THE RADIO, d?autant que leur prestation débute sur une chanson voix/guitare en suspend. Il n?en n?est rien dès que le gros son et l?énergie du groupe new-yorkais se répandent comme une onde de choc. Ce qui marque, à part la très jolie barbe et la capillarité touffue du guitariste, c?est bien que TV ON THE RADIO est un groupe à voix. Profondes, chaudes et harmonieuses, elles viennent se frotter aux guitares rêches dans un mariage qui pourra en dérouter certains.

Alors que la fatigue commence à se faire sentir, entre en scène l?emblématique et sulfureuse PEACHES, seule, pour le set le plus extrême. Elle qui s?est fait conspuer lors de ses prestations en premières partie des White Stripes, Björk, Marilyn Manson, etc. rencontre enfin un public scotché par le spectacle qui se déroule sous leur yeux. C?est un peu comme si un puceau pour sa première fois était confronté à la plus déviante des nymphomanes. Le sexe est alors érigé comme un étendard, bandant à tout va? Elle est parfois rejointe sur scène par deux danseuses tantôt équipées de gode-ceintures, tantôt déguisées en routier ou en catwoman sadomaso, qui se trémoussent, se caressent ou attachent PEACHES avec des cordelettes. L?artiste, proche de la performance, bondit dans tout les sens, change de tenues tout au long du concerts (body, mini-short, sous-tif cuir ou vinyl), se lèche les aisselles et nous incite à en faire autant, nous fait quelques gestes obscènes de rigueur, va se cogner la tête dans les projecteurs. Elle feindra plus tard une blessure pour mieux cracher du ?sang? sur les premiers rangs. Si la musique est souvent réduite à sa plus simple expression (boîte à rythme binaire, guitare disto et cri/chant pour des textes minimalistes), le spectacle grand guignolesque est sans aucun doute à voir une fois dans sa vie et clôt en apothéose une très bonne deuxième journée.

Chroniqueur
  • Publication 288 vues14 août 2004
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