"> Blonde Redhead :: Paris [Le Bataclan] :: 17 avril 2008 - Live Report - Indiepoprock

Blonde Redhead :: Paris [Le Bataclan] :: 17 avril 2008


La dernière prestation parisienne ( si l’on excepte la première partie d’Interpol au Zénith ) de Blonde Redhead remonte à juin 2007. C’était dans la salle de l’Elysée Montmartre, et l’on se souvient d’un set pas très convaincant d’un groupe qu’on qualifiera d’absent. Ce soir, Boulevard Voltaire, dans la jolie salle du Bataclan, ces souvenirs […]

La dernière prestation parisienne ( si l’on excepte la première partie d’Interpol au Zénith ) de Blonde Redhead remonte à juin 2007. C’était dans la salle de l’Elysée Montmartre, et l’on se souvient d’un set pas très convaincant d’un groupe qu’on qualifiera d’absent. Ce soir, Boulevard Voltaire, dans la jolie salle du Bataclan, ces souvenirs mitigés ont été balayés… et de quelle manière !

Avant la prestation des new-yorkais, il aura fallu subir, et c’est le mot, les frasques et les morceaux assommants du groupe Devastations. Le trio australien enchaîne des compositions sombres et répétitives. La basse est beaucoup trop forte, le bassiste se prend pour Liam Gallagher, le guitariste se cache derrière de multiples effets, bref rien de bien galvanisant pour cette première partie. Le groupe s’éclipse trente minutes plus tard sous les applaudissements, polis, du public.

A 21h précises, les frères Simone et Amadeo Pace font leur entrée, suivis peu de temps après par la timide Kasu Makino. Depuis ses débuts en 1994, Blonde Redhead n’a jamais cessé ses recherche et expérimentations sonores. Des premiers albums pas très "grand public" jusqu’au somptueux "Melody Of Certain Damaged Lemons" la griffe noisy est présente. "Misery Is A Butterfly" et le récent "23", qui sera, bien entendu, à l’honneur ce soir, ont depuis donné une touche plus pop à la musique du groupe.

Amadeo s’empare de sa guitare et commence a jouer quelques notes, le public reconnaît immédiatement le début de Falling Man, Kasu, hypnotique, ondule avec sa guitare. A partir de ce moment on sait que l’on va assister à un grand concert de Blonde Redhead. Le doux arpège de Dr Strangeluv résonne ensuite dans l’enceinte du Bataclan, le son est propre, l’alchimie se fait et la magie continue d’opérer. L’efficace Spring And By Summer Fall tiré du dernier album, In Particular, Sw, The Dress, Melody Of Certain Three, Ten, I Am There While You Choke On Me, Publisher ou encore 23 se chargeront de nous achever par leur beauté et leur efficacité.

Après la sortie du groupe le public en redemande, et même si Kasu a l’air bien fatiguée, elle gâte tout le monde dès les premières notes de clavier de Melody, titre d’une beauté hallucinante. Blonde Redhead enchaîne avec Silently ; le public demande et scande la chanson Elephant Woman, mais celle-ci est rarement jouée en live, le groupe fera l’impasse pour finir sur la tout aussi géniale Misery Is A Butterfly .

Pas de barrière entre la scène et la fosse : certaines personnes du public montent discrètement sur la scène histoire de récupérer, set-list, médiator, baguette ou tout autre objet faisant référence à cette soirée. Une personne, moins maligne que les autres, s’est même approprié le cahier de Kasu, posé sur son clavier. Le livret, écrit à la main et contenant notes en japonais et partitions, est indispensable à la chanteuse pour beaucoup de chansons au clavier. Coup dur pour le public du Printemps de Bourges le lendemain, qui a été privé de bon nombres de chansons de "Misery Is A Butterfly". Un geste de fan stupide qui sera le seul bémol à cette soirée riche en émotions.


Crédit Photos : Antoine Legond

Chroniqueur
  • Publication 204 vues17 avril 2008
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