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Mina Raayeb, trio bresto-rennais, ouvre le bal. Leur musique, entre hip-hop hardcore et fusion va très vite mettre tout le monde d’accord.
Le son est extrêmement lourd, pesant, poisseux. Les textes sont vindicatifs, « rentre dedans », mais toujours scandés avec un trait d’humour qui donne un peu d’air.
Car Mina Raayeb sait se mouvoir entre les styles, et ne pas s’enfermer dans un carcan. En passant du noir au blanc, du doux à l’amer, de la violence à la tendresse, ils arrivent à insuffler à leur show une fraicheur constante, qui empêche de tourner en rond. Et qui laisse le spectateur en attente perpétuelle de la suite.
Ajoutons à cela un chanteur avec un excellent sens de la répartie, et vous obtenez un premier concert de très haut niveau.

Au tour de Bruit de prendre le contrôle. Et du contrôle, il en faudra à l’auditeur pour en pas se perdre. Bruit, c’est tout simplement « comme son nom l’indique ». Pas de chant, juste 4 musiciens qui triturent à l’infini leurs instruments.
Les cordes (violon, violoncelle, guitare, basse, piano) sont maltraitées, tordues, grattées, frappées, frottées, et délivrent un véritable mur sonique. C’est joué très fort, et très vite (en général). C’est assez abstrait et profond pour que l’on s’y perde très rapidement.
A l’opposé, seule la batterie, véritable fil d’Ariane du concert, permet de garder une certaine accroche au réel. Sans elle, le public serait probablement égaré à jamais dans les méandres des pensées des musiciens.
Avec un fond visuel qui colle parfaitement au son, ce sont tous nos sens qui sont mis à rude épreuve.
Pas de textes donc, pendant les morceaux. Mais un joli petit discours final qui prend lui aussi aux tripes. « Il n’y aura pas de rappel », pas de fausse modestie. « Merci de nous écouter », car le groupe a décider de ne pas apparaitre sur les plateformes de streaming. « Et surtout merci d’être là ! », car ce sont bien les concerts, avec un vrai public, qui font que la musique peut se transmettre directement de l’instrument à l’oreille.


Le terme « expérience » est en ce moment utilisé à tort et à travers pour vendre du rêve dans des domaines aussi variés que la cuisine ou l’hôtellerie. Mais la vrai expérience, elle est là, quand on sort de sa zone de confort, et que l’on va écouter Bruit en live.
Chapeau bas messieurs !