"> Fontaines DC - Dopamine Chamber - Indiepoprock

Dopamine Chamber


Un album de sorti en chez .

9

Cinquième album pour Fonteines DC, dont rien ne semble pouvoir faire dévier la trajectoire.

Chaque fois que l’on parle des Dublinois de Fontaines DC en ce moment revient l’idée qu’ils sont devenus un groupe de stades. Une dénomination un peu troublante sachant qu’elle peut recouvrer plusieurs interprétations. S’il s’agit de pointer le fait que le groupe, depuis ses débuts, n’a cessé de gagner en popularité et que, par conséquent, les arenes dans lesquelles il se produit montent inéluctablement en capacité, le constat est implacable. En revanche, et c’est là qu’est l’ambiguité, si c’est une façon de sous-entendre que les Irlandais ont complètement tourné le dos aux fondamentaux de leurs débuts et ont redéfini leur son pour en faire une grosse machine à même de donner le change dans de grandes structures, là, on passe à côté de l’essentiel. Car, précisément, ce qui est assez bluffant avec Fontaines DC, c’est qu’ils enchaînent les albums et les tournées à un rythme soutenu, tout en faisant évoluer style et compositions au fil du temps, avec une facilité déconcertante, sans pour autant changer de façon d’être ni perdre en ferveur ni en intensité. Un peu comme si rien ne pouvait les faire dévier d’une trajectoire prophétique quand on se rappelle que, dans le premier morceau qui ouvrait leur premier album, Grian Chatten clâmait « my childhood was small/but I’m gonna be big ». Sept ans plus tard, mission accomplie.

Avec « Dopamine Chamber », tout se fait naturellement encore une fois. Les premières écoutes ne séduisent pas forcément plus que ça, mais on repère déjà quelques solides morceaux, à l’image de l’imparable Mimesis et évidemment de la perle de ballade totalement addictive qu’est Where Is Gone ? avec en plus la présence d’une Rosalia au chant qui évolue ici dans un registre vocal beaucoup plus sobre que ce qu’on peut parfois lui connaître et qui sied parfaitement au morceau. Ensuite, tout prend son sens petit à petit. On finit d’abord par admettre que, si sur « Romance » le groupe pouvait sembler engoncé dans un son plus ample et synthétique avant de se libérer et de retrouver son urgence, il le maîtrise cette fois parfaitement, en jouant d’une fibre ouvertement pop qui mine de rien laisse revenir puissance et urgence avec des guitares qui avancent masquées mais ne se gênent pas pour revenir secouer des pièces telles que Demolition ou Tongue. 

Parallèlement, le chant de Grian Chatten garde toute sa pertinence, tout comme ses textes à la fois poétiques et sombres, qui donnent tout son sel à « Dopamine Chamber », grand album de pur plaisir pop de l’extérieur, porté par un groupe qui a plus que jamais la tête sur les épaules, à l’image de One Man, et qui ne se prive pas de constats lucides sur notre époque et ce qu’il est.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Six Shot Morning
  2. Marianne
  3. Mimesis
  4. Happy For You
  5. Demolition
  6. Tongue
  7. One Man
  8. Where Is Gone?
  9. You Miss Me
  10. Japan
  11. Intimate

La disco de Fontaines DC

Romance8
80%

Romance

Dogrel8
80%

Dogrel