"> Patrick Wolf @ Nouveau Casino - 31 mars 2011 - Live Report - Indiepoprock

Patrick Wolf @ Nouveau Casino – 31 mars 2011


Rarement décevant, Patrick Wolf est ce que nous pouvons appeler une valeur sûre. A condition, bien évidemment, d’adhérer à son univers singulier et haut en couleurs. Ses preuves ne sont plus à faire ; il a amplement confirmé qu’il était bourré de talent et doué d’une virtuosité à en faire pâlir plus d’un. Parce que sa relation fusionnelle à la musique fait des merveilles, il aurait été dommage de se priver d’un aussi beau moment en sa compagnie. Le rendez-vous est alors fixé pour le 31 mars, au Nouveau Casino.

En entrée, le très survolté Rowdy Superst*r, dernière signature du label de Matthew Herbert, Accidental Records. Quelque part la version masculine d’une Cocknbullkid ou d’une Ebony Bones, ce jeune londonien respire la mouvance arty, décalée et excentrique, du moment. Accompagné de deux chorégraphes aux allures de publicités vivantes pour American Apparel, le stéréotype ne semble pas très loin. Le show balaye tout doute ; la superstar ne se fait pas prier pour chahuter et le concert devient très vite un vrai régal scénique. Impossible de rester de marbre devant une telle déferlante, ne serait-ce que devant la chorégraphie de Tick Tock, titre qui a le mérite de convaincre même les plus réticents. Les beats sont lourds, nous sommes à l’opposé de la subtilité caractéristique de Patrick Wolf, mais l’ensemble passe très bien. Look Into The Lights apporte quand même un peu de douceur et Get Ur Shizzit Riiiiight clôt un show réussit et efficace.

Au menu de ce soir, donc, du loup. Inutile de préciser que le public est déjà conquis, et à raison de l’être ! Preuve est que ses fans se sont déplacés en masse pour applaudir cet ovni du paysage musical actuel, cet artiste au sens large du terme. Patrick Wolf détient ce qui est rare et fragile : une véritable identité musicale, l’esthétique bien définie incluse. Le mot d’ordre de la soirée ? « Lupercalia« , soit son cinquième album, bientôt de sortie. C’est d’ailleurs un des nouveaux titres qui lance les hostilités, Armistice, ce qui nous permet d’ores et déjà de remarquer un retour aux sources flagrant. Son précédent opus, « The Bachelor« , marquait une césure nette avec les précédents ; les morceaux étaient davantage fiévreux et habités. Là, ils semblent déjà plus hantés, comme sur « The Magic Position » et le morceau suivant, Time Of My Life, en atteste. A grand renfort de violons, harpe et autres instruments au potentiel larmoyant élevé, en harmonie les uns avec les autres, cela va sans dire, Patrick Wolf nous livre un set éclatant et magique. Puisant également dans son ancien répertoire avec Tristan ou encore To The Lighthouse, il nous fait revivre le délice de ses premières compositions, à mi-chemin entre tradition et modernité. Comme à son habitude, c’est le réjouissant The Magic Position qui se charge de clore le concert. Mais qu’à cela ne tienne, c’est bien deux éblouissants rappels plus loin que le set se finit définitivement. Patrick Wolf a du rêve à revendre et nous sommes plus que comblés.

Ce soir, il y aura donc eu du beau monde sur la scène du Nouveau Casino : Rowdy Superstar le bien nommé avec son effervescence, son audace, son mélange électro-hip hop diablement entraînant puis Patrick Wolf avec son raffinement, son acuité… et ses bananes !

Chroniqueur
  • Publication 192 vues11 mai 2011
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Patrick Wolf @ Nouveau Casino - 31 mars 2011