"> Patrick Wolf - Lupercalia - Indiepoprock

Lupercalia


Un album de sorti en chez .

Histoire de ne pas changer, Patrick Wolf a encore changé de plan. Initialement, suite à la publication de « The Bachelor » il y a deux ans, il était prévu qu’il nous en livre la suite, faisant de ces deux albums une sorte de diptyque. Finalement, c’est « Lupercalia » qui est arrivé cette année dans les bacs, album […]

Histoire de ne pas changer, Patrick Wolf a encore changé de plan. Initialement, suite à la publication de « The Bachelor » il y a deux ans, il était prévu qu’il nous en livre la suite, faisant de ces deux albums une sorte de diptyque.
Finalement, c’est « Lupercalia » qui est arrivé cette année dans les bacs, album sans lien avec son prédécesseur. Pour justifier ce revirement, Patrick Wolf a expliqué avoir connu trop de chamboulements dans sa vie, avoir notamment rencontré l’amour, et donc avoir décidé d’écrire un album plus en phase avec son état d’esprit. Evidemment, d’autres y verront avant tout la volonté de livrer un disque plus simple, plus policé pour satisfaire aux ambitions de sa maison de disques, « Lupercalia » marquant le retour de notre homme chez Mercury. Si l’on ne peut totalement infirmer cette thèse, on ne pourra néanmoins manquer de faire remarquer que Patrick Wolf, ce vétéran de vingt-sept ans, a déjà tout connu en termes de moyens de publication – autoproduction, label indépendant, major, financement par internet – et n’en est donc plus forcément à arrondir les angles.
« Lupercalia » n’en reste pas moins un album effectivement plus concis, moins ambitieux que « The Bachelor ». Les quatre premiers morceaux sont même marqués par une volonté d’aller directement à l’essentiel, avec des titres flamboyants, enlevés, très pop, aux arrangements toujours à la limite du tape à l’oeil sans y céder complètement. Et si Patrick Wolf emporte quand même le morceau sur des titres comme The City ou House, c’est avant tout grâce à son aplomb, qui ne le fait jamais tomber dans l’emphase ni l’inconséquent, et sa voix inimitable, qui virevolte avec une facilité déconcertante.

Toutefois, ne nous trompons pas, c’est avant tout parce que le milieu d’album est marqué par une rupture et le retour d’une véritable ambition dans l’écriture et les arrangements qu’il obtient véritablement notre adhésion. Armistice, beaucoup plus solennel et sobre que le début d’album, est ainsi la pierre angulaire du disque : un titre magnifiquement chanté, poignant sans être larmoyant. Et si, ensuite, l’euphorie est de retour sur Time of my Life, qui n’est pas sans rappeler Pulp au firmament de sa gloire, ce sont là encore les arrangements de cordes virtuoses sur le refrain qui retiennent l’attention. Dans la foulée, le clou est enfoncé une bonne fois pour toutes avec The Days et Slow Motion, deux ballades taillées sur mesure pour faire briller cordes et voix, avant un final tout en douceur et un clin d’oeil aux sonorités un peu cheap des années 1980 sur Together.

Conclusion, avec « Lupercalia », Patrick Wolf ne nous livre ni son meilleur album ni le plus ambitieux, sans pour autant montrer la moindre faiblesse ou panne d’inspiration. Au contraire, il reste plus que jamais le dépositaire d’une musique hyper-accessible qui ne cède pas pour autant aux sirènes de la médiocrité. C’est dire s’il est précieux.

Rédacteur en chef

La disco de Patrick Wolf