Patrick Wolf de retour avec un premier album depuis plus d'une décennie.
La dernière fois que Patrick Wolf avait publié un album original, c’était en 2011 avec « Lupercalia ». Quelques années plus tard, l’Anglais avait disparu du paysage et on se demandait sincèrement si on entendrait de nouveau parler de lui un jour. Et puis, fin 2022, un nouveau titre a été annoncé puis publié, et en 2023 un EP de cinq titres a suivi. Un retour désormais totalement concrétisé, si on peut dire, avec la publication de « Crying The Neck ». On ne redira jamais aassez combien le parcours de Patrick Wolf est emblématique des remous connus par la monde de la musique ces trois dernières décennies et, au-delà de l’affection qu’on peut porter au personnage, le voir reprendre le fil d’une carrière musicale tout sauf tranquille fait indéniablement plaisir.
Reprendre le fil, c’est bien l’expression qui convient car, dès les premières notes de Reculver, qui ouvre l’album, et tout le long des treize tites qui le jalonnent, il est vite évident qu’il ne s’agit pas pour Patrick Wolf de tout reprendre à zéro et de révolutionner ce qu’on a pu connaître de lui. « Crying The Neck » est donc un album de pop sophistiquée, avec des arrangements de cordes flamboyants et romantiques, très soigneusement arrangés, ce qui a toujours été une marque de fabrique d’un musicien doué et érudit, doublé d’une voix profonde, ampoulée, toujours un peu outrancière mais extrêmement attachante et unique. Un album parfaitement en phase avec Patrick Wolf lui-même, inspiré par les paysages, l’histoire et la poésie de son Kent natal où il est revenu se réfugier après des années d’excès à Londres. Au rayon des surprises, on notera tout de même la présence de Zola Jesus sur Limbo, pour un titre qui plus est assez solaire et enlevé. A celui des moments où Patrick Wolf s’échine un peu trop à faire ce qu’il sait faire avec emphase, on mettra Lughnasa, où vocalises et cordes en veux-tu en voilà lassent légèrement.
Mais « Crying The Neck » est dans sa globalité un album qui ne peut déplaire aux amateurs de belle ouvrage, plus encore s’ils ont aimé Patrick Wolf auparavant. Jupiter brille par sa solennité, son chant céleste et ses arrangements soignés, Dies Irae est une véritable explosion de pop flamboyante et euphorique, The Curfew Bell, où cordes et piano s’enlacent sur une superbe mélodie nous fait littéralement fondre. Et la morale de cet album, finalement, c’est que peu importe la place que peut avoir Patrick Wolf dans le paysage musical de 2025, ou de savoir où placer ce disque dans les tendances et le profil de l’année musicale. On est juste heureux qu’il soit là.
- Publication 1 236 vues21 juin 2025
- Tags Patrick WolfApport
- Partagez cet article












