"> Patrick Wolf - The Night Safari EP - Indiepoprock

The Night Safari EP


Un album de sorti en chez .

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Patrick Wolf concrétise son retour ébauché il y a quelques mois avec un EP de cinq titres.

L’annonce du retour de Patrick Wolf par ses soins fin 2022 après dix ans d’absence, en dépit de la longueur du hiatus, est finalement assez conforme à son parcours contrarié. Entre espoir (trop?) précoce qui avait déjà un premier album à son actif à 17 ans, confirmé puis lancé dans le grand bain des majors du disque, pile au moment où le téléchargement sauvage se développait et que les ruptures de contrat pour ventes insuffisantes, dont il a évidemment fait les frais, sévissaient, projets trop ambitieux retoqués et revus à la baisse, le tout avec à chaque fois des conditions de production et de distribution devenues acrobatiques, Patrick Wolf avait tout de l’artiste qui aurait pu connaître un destin doré mais s’était surtout pris des claques. Mais, à bien y regarder, entre ses talents de touche à tout multi-instrumentiste qui l’empêchaient de faire de la musique trop formatée et les turpitudes de sa personnalité complexe, il n’est pas si étonnant que cela qu’il n’ait jamais réussi à véritablement emprunter l’autoroute du succès. Et ce n’est pas sûr qu’on le regrette.

Toujours est-il que son retour ressemble plus à celui d’un artiste qui a réussi à faire la paix avec lui-même qu’à une tentative de nouveau départ en reprenant de zéro. Ce qui amène deux approches possibles : soit considérer que « The Night Safari EP » aurait pu sortir au milieu des années 2010 et qu’on retombe en terrain connu, ou précisément être assez bluffé de la capacité de Patrick Wolf à reprendre les choses où il les avait laissées en faisant quasiment oublier d’un point de vue musical sa décennie d’absence. En d’autres termes, on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. On choisira la seconde approche. Parce que « The Night Safari », sans être exceptionnel, fait étalage du talent intacte de Patrick Wolf. Son chant affecté, presque aristocratique est toujours irréprochable, aucune faiblesse de ce côté-là. Ensuite, de Acheron à Dodona ainsi que sur le déjà connu Enter The Day, la fibre romantique de Patrick Wolf, qui nous donne toujours la sensation de déclamer du Thomas Hardy face à la mer, a toujours autant de gueule. Et ses morceaux savent toujours être amples, se déployer sur plus de sept minutes parfois (Dondona), bifurquer, prendre des accents fédérateurs (Nowhere Game). Quant aux textures sonores, elles sont toujours aussi sophistiquées. De la harpe électrique d’ Acheron aux petits accords de piano d’Enter The Day, sans oublier les gimmicks electro nichés un peu partout pour soutenir l’ensemble, c’est toujours de la belle ouvrage. Attendons maintenant ce que nous réserve la suite, mais on est prêts.

 

Rédacteur en chef