"> Slint :: Paris [Bataclan] :: 24 mai 2007 - Live Report - Indiepoprock

Slint :: Paris [Bataclan] :: 24 mai 2007


C’est dans un Bataclan partiellement rempli d’un public que l’on imagine averti, que Slint était venu jouer entièrement son album séminal, "Spiderland", grâce auquel le groupe peut se targuer d’avoir posé les premières pierres du post-rock et annoncé Tortoise ou Mogwai. L’aura culte qui s’est construite autour de "Spiderland" ne pouvait que donner envie d’aller vivre […]

C’est dans un Bataclan partiellement rempli d’un public que l’on imagine averti, que Slint était venu jouer entièrement son album séminal, "Spiderland", grâce auquel le groupe peut se targuer d’avoir posé les premières pierres du post-rock et annoncé Tortoise ou Mogwai. L’aura culte qui s’est construite autour de "Spiderland" ne pouvait que donner envie d’aller vivre le résultat en live.
 
Lorsque Warehouse débute son set, on se dit qu’il ne fait pas bon d’être en première partie de certains concerts. On n’arrive pas à savoir si c’est la fatigue ou l’impatience mais il faut bien reconnaitre que le punk-rock de ce groupe ne réussit guère à nous captiver, et ce malgré quelques titres exécutés avec efficacité et un certain rentre-dedans.
 
Puis Slint arrive sur scène, et réussit à captiver la salle entière dès les premières notes lancinantes de Breadcrumb Trail, avant de déployer en live les atmosphères riches et complexes du morceau. Planqué derrière un mur de guitare, la voix de Brian McMahan nous prend littéralement à la gorge, alternant un chanté-parlé particulièrement froid avec des hurlements rageurs. En voyant jouer David Pajo, on comprend mieux pourquoi il a réussi à devenir un des meilleurs guitaristes des années 90. Discret, le musicien sortira tout au long du concert des riffs saisissants, sombres, et distordus, prompts à tirer des larmes à n’importe quel indie-kid. La section rythmique n’est pas en reste : Britt Walford fait partie de ces batteurs métronomiques dont l’assise permet d’insuffler de l’intensité aux morceaux qu’ils accompagnent. Quand au bassiste, planqué derrière ses lunettes d’informaticien, il semble résumer à lui tout seul le style du groupe : math-rock.
 
A peine remis de nos émotions, le groupe enchaîne sur Nosferatu Man, et ses gerbes de guitares lancées par le groupe, alliant une rare force destructrice à une grande précision technique. Anéanties, nos oreilles trouveront un repos salutaire avec le saisissant Don, Aman, joué par David Pajo et Britt Walford. Un moment quasi ambiant, joué uniquement avec deux guitares, et ponctué de quelques envolées abrasives absolument implacables. Puis arrive Washer, autre moment fort de l’album "Spiderland", tout en progressions sonores ambiantes et implacables. Après For Dinner … et Good Morning, Captain, le concert se termine avec quelques morceaux issus d’autres disques de Slint, puis s’achève au bout d’une heure et une dizaine de minutes, sans rappel.
 
Une attitude qui pourrait déplaire à certains habitués de concerts, car si Slint a reproduit les morceaux de "Spiderland" à l’identique sur scène, le groupe n’a laissé que peu de place à l’improvisation, préférant se concentrer sur la reconstitution précise des atmosphères du disque. Pour autant en réécoutant une nouvelle fois ce superbe album, on se dit que l’ambiance sombre et froide de ce chef-d’œuvre ne pouvait mériter un autre traitement. Toutefois, si Slint pousse la reformation jusqu’à un nouvel album, espérons que les prochains concerts seront plus tournés vers le présent que vers l’hommage.

Photos : Antoine Legond

Chroniqueur
  • Publication 178 vues24 mai 2007
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