C’est après deux ans d’absence que Garbage revient enfin en France, sur la mythique scène de l’Olympia avec un nouvel album, “Bleed Like Me”, dans les bagages. L’enregistrement de ce dernier opus aura été chaotique et de nombreuses rumeurs de séparation avaient circulé. Mais lors de leur dernier passage à Paris, au Zénith, Shirley Manson, qui avait perdu sa voix, avait promis de revenir… à charge de revanche.

La première partie est assurée par Mélatonine, groupe sur lequel il est inutile de s’attarder, tant leur musique s’avère insipide et sans rapport avec ce que le public de ce soir est en mesure d’attendre : le groupe composé de deux guitares et d’une batterie est emmené par une sorte de lolita stéréotypée rabachant des textes aussi grotesques que la musique qui les accompagne. A oublier très vite.

C’est enfin au tour de Garbage de monter sur la scène. Le show débute avec le superbe Queer, tout au long duquel le groupe reste plongé dans la pénombre. Leurs ombres statiques font monter la pression jusqu’à exploser dès le troisième morceau, sur Supervixen. Le spectacle peut alors commencer. Shirley Manson s’anime et tourne autour de ses musiciens avec cette même attitude à la fois sexy et pleine de dynamisme qu’auparavant. Proche de son public, elle lira d’ailleurs un discours en français et interrompra son concert pour aider un spectateur à retrouver ses lunettes.

Musicalement, c’est une bonne surprise que de voir le groupe revenir au son de ses débuts, plus rock que la voie davantage pop à tendance électro qu’il avait empruntée sur “Beautiful Garbage”. On remarquera d’ailleurs que ce seront surtout les anciens titres qui seront privilégiés ce soir, avec notamment Stupid Girl, Vow, I think I’m paranoid et surtout Only Happy When It Rains et Push It. C’est aussi le dynamisme qui est mis en exergue, puisque peu de morceaux dits ‘calmes’ trouveront leur place dans la setlist.

Malgré l’accouchement difficile de “Bleed Like Me”, il semble donc que le groupe ait réussi à préserver une certaine cohésion. Bien sûr, Shirley reste la meneuse du show, mais on ne peut cependant pas ignorer, entre autres, le talent de Butch Vig et la grande classe qu’il dégage. Leur prestation s’est même bonifiée, par rapport à leur passage au Zénith. Un bémol cependant : les nouvelles compositions se montrent bancales, presque superficielles, fades. Est-ce parce qu’ils ne les ont pas encore tout à fait apprivoisées? Toujours est-il que même si certains titres, comme le single Why do you love me?, peuvent se montrer particulièrement entêtant, il manque dans ces nouveaux morceaux une espèce de folie garbagienne qui faisait tout le charme des anciens albums.

Chroniqueur
  • Publication 104 vues29 mars 2005
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