Foule Monstre


Un album de sorti en chez .

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Réellement attendus au tournant après un précédent album disque d’or, une première pour le groupe, Eiffel avait la lourde tâche de remettre la main à la pâte pour leur cinquième album et jongler avec les promesses et dangers de cette notoriété grandissante. Une consécration qui tend à point nommé à dissiper progressivement l’ombre de Noir […]

Réellement attendus au tournant après un précédent album disque d’or, une première pour le groupe, Eiffel avait la lourde tâche de remettre la main à la pâte pour leur cinquième album et jongler avec les promesses et dangers de cette notoriété grandissante. Une consécration qui tend à point nommé à dissiper progressivement l’ombre de Noir Désir qu’on a peut-être un peu trop voulu faire planer au-dessus d’eux depuis un paquet d’années déjà. Mais comme se reposer sur ses lauriers n’est visiblement pas l’une des habitudes de la maison, ce bien-nommé « Foule Monstre » (car débarquant au retour des aoûtiens), est donc l’album choisi par nos bordelais pour aller explorer de nouvelles sonorités et s’offrir un petit lifting, adoptant visuels et surtout arrangements comme autant de clins d’œil à l’une de leur idole affirmée, Damon Albarn et sa bande de Gorillaz.

Une nouvelle esthétique d’ensemble aux accents urbains donc, mais fort heureusement toujours ce même phrasé et cette poésie imbibée jusqu’à l’os de métaphores qui sonnent parfois plus qu’elles ne font sens mais qui constituent aujourd’hui plus que jamais la signature d’un Romain Humeau passé maître dans l’alchimie des mots. L’exercice périlleux relève d’ailleurs parfois presque de la voltige lorsqu’arrivent des chansons comme Le Même Train durant laquelle la moindre joute verbale frappe aussi juste qu’un capitaine Haddock au meilleur de sa forme (et dont la double référence dans le texte ne nous aura d’ailleurs pas échappée).  Et des réjouissances de ce calibre on en trouve à la pelle, comme la participation remarquée de Bertrand Cantat, ami de longue date et co-auteur de Lust for Power, incontestablement l’un des morceaux les plus réussis mais aussi probablement la plus marquante représentation du nouvel élan artistique adopté par le groupe, tandis que Chaos of Myself (avec Phoebee Kildeer) ou Foule Monstre nous emmènent avec succès dans des plaisirs à la guitare diamétralement opposés. Un menu varié donc, aussi bien dans les formes que dans les longueurs et un parcours quasi sans-faute jusqu’au très classique mais efficace Chamade. Et si on doit bien reconnaître une (très) légère baisse de régime en fin de disque, c’est aussi avant tout le revers de la médaille d’un album qui a d’abord su mettre la barre très haut et assimiler au mieux les expérimentations électroniques tirées d’une ambition nouvelle.

La voie est désormais toute tracée pour Eiffel que l’on pensait au sommet de son art sur le précédent opus, à une époque où on n’aurait pas aimé enfiler leurs chaussons avant d’amorcer la descente. Mais ce sont des souliers d’or que ces gars-là ont aux pieds et on ne demande désormais qu’à marcher dans leurs pas et suivre chacune des nouvelles inspirations du génial Romain Humeau.

Pol
Chroniqueur

Tracklist

  1. Place de mon cœur
  2. Le même train
  3. Chaos Of Myself
  4. Foule monstre
  5. Libre
  6. Frères ennemis
  7. Chanson trouée
  8. Milliardaire
  9. Lust For Power
  10. Chamade
  11. Venus From Passiflore
  12. Puerta del angel
  13. Death's Dance

La disco de Eiffel

Foule Monstre9
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Foule Monstre

A Tout Moment9
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A Tout Moment

Tandoori7
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