EMA - Exile In The Outer Ring

Exile In The Outer Ring


Un album de sorti en chez .

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Retour en force et en beauté d'Erika M. Anderson...

Depuis toujours, EMA exprime au travers de sa musique ses idées, ses pensées, voire ses convictions. Ses deux précédents albums ont séduit un public grandissant d’avertis, ce n’est pas pour autant qu’Erika M. Anderson a accéléré son processus créatif. Non, trois années, c’est le temps nécessaire à la sulfureuse blonde pour digérer un album.

Avec les années et l’arrivée de TRUMP au pouvoir, la jeune femme originaire du Dakota du Sud s’est retranchée à Portland, plus précisément dans sa banlieue pour y écrire et produire son troisième album. Dans ce contexte, le moins que l’on puisse dire est qu’EMA n’a pas peur de se déplacer. Pour rappel, EMA s’était déplacée à Oakland, après avoir migré vers la Californie (Los Angeles) depuis son Dakota du Sud natal. Mieux, l’Américaine n’a pas hésité à s’enfermer dans le sous-sol d’un immeuble pour composer… L’album peint un portrait contemporain des USA, pauvre, dominé de toutes parts par un capitalisme humainement dévastateur, mais également fasciste, dont les racines découlent de la précarité sociale engendrée par ce régime économique basé sur la primauté des détenteurs de capitaux.

Ces points de vue politiques sont magnifiquement mis en musique sur les onze titres de “Exile In The Outer Ring”. EMA n’hésite pas à nous emmener à nouveau sur des chemins de traverse avec une pop-rock expérimentale divine (Breathalyzer, 33 Nihilistic and Female, Where The Darkness Began).
Musicalement, l’album atteint son apogée sur Fire Water Air LSD plus travaillé et recherché que ne l’est déjà l’exceptionnel Aryan Nation. Les alternances de rythmes et de puissance de sons électroniques nous accompagnent,
Down and Out illustre à merveille la qualité sonore et d’écriture de ce troisième essai. Aux yeux de notre société, le travail est nécessaire pour se fixer un objectif dans la vie et être reconnu de ses pairs. Sans cela… nous n’avons pas de ‘valeur’ pour notre société et nous sommes littéralement ‘à la rue’ !

Avec “Exile In The Outer Ring”, EMA exprime la fracture socio-économique que vit le peuple américain ces derniers temps, tout en utilisant comme moyen de communication une pop expérimentale aux croisements du noise et de l’indus.
Que ce soit par le prisme tronqué de ses textes ou de sa musique, EMA réussit, de belle manière, à nous révéler l’identité contemporaine des banlieues américaines.

Après la claque en 2011 que nous a procurée l’écoute de chaque morceau de “Past Life Martyred Saints”, nous avons été mis sur orbite avec “The Future’s Void” en 2014…
En 2017, EMA marquera de son empreinte et obtiendra, sans aucun doute possible, une reconnaissance dans le rock alternatif !
Et ce n’est pas Butch Vig qui me contredira…

Rédacteur en chef
  • Publication 780 vues13 septembre 2017
  • Tags EMACity Slang
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