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I Told You I’d Tell Them Our Story


Un album de sorti en chez .

7

Un album résultat d'un exil à Shangai.

La Danoise Jenny Rossander, alias Lydmor, navigue dans le milieu de la musique électronique depuis quelques années déjà mais elle n’hésite pas à parler de “I Told You I’d Tell Them Our Story” comme du projet le plus important de sa carrière, preuve, encore une fois, que l’album reste envers et contre tout le mètre étalon de la production musicale. Cet album, en outre, comme l’évoque la photo de pochette, est le résultat d’un exil à Shangaï, ce qui n’est pas banal puisque, autant les disques baignés par l’atmosphère des villes dans lesquels ils ont été écrits et produits sont légion, autant la mégalopole de l’empire du milieu a, du moins à notre connaissance, rarement été le berceau de productions d’artistes occidentaux.

On peut y voir un stigmate de la mondialisation et d’une certaine uniformisation qui va avec si l’on considère qu’à l’écoute de l’album, si des titres tels The Mansion, Money Towers ou Soft Islands peuvent évoquer l’errance urbaine, de préférence nocturne, difficile de faire la différence entre l’ambiance de Londres, par exemple, et celle de Shangai. Musicalement, “I Told You I’d Tell Them Our Story” opte pour une certaine sobriété qui laisse briller un soin indéniable apporté aux compositions, avec ci et là quelques scories parfois bien senties, d’autres fois pas. On a ainsi du mal à s’empêcher de grimacer sur Killing Time quand éclatent des gimmicks pompiers et sans grâce qui font ressembler le morceau à une resucée de Dido (paye ta référence…). Au contraire, l’accélération au milieu de Soft Islands fait brillamment partir vers d’autres contrées un morceau démarré comme une belle ballade intimiste. Au final, même si, vous l’aurez compris, elle ne fait pas mouche à chaque fois, ce qui fait le charme de Lydmor, c’est sa capacité à naviguer entre deux pôles, sa volonté de jouer les funambules entre électro épurée et ambiances plus ouvertement “techno”.

Pour faire le pont entre ces deux aspects, Jenny Rossander peut incontestablement compter sur sa voix, pure et assurée, même si, encore une fois, on aurait aimé que la production la “lisse” un peu moins. Claudia ou l’introductif The Mansion restent néanmoins de belles pièces aptes à prendre les plus rétifs dans leurs filets. En outre, dans son ensemble, “I Told You I’d Tell Them Our Story” reste un album sur lequel prime l’intériorité, preuve que Lydmor a souhaité faire de cet album une oeuvre éminemment personnelle avant toutes autres considérations. Ce qui est un critère important.

Rédacteur en chef
  • Publication 384 vues1 octobre 2018
  • Tags LydmorHfn music
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La disco de Lydmor