pochette phantogram

Three


Un album de sorti en chez .

3

La recherche de l'audace musicale et de la reconnaissance grand public. Possible ?

Des groupes qui ont tenté le grand écart entre audace formelle et formats taillés pour les radios et les oreilles du grand public, on en a connu et ça s’est rarement bien terminé. Demandez à Muse (que Phantogram a récemment accompagné en tournée, il n’y a pas de hasards) ou à Garbage si on remonte un peu plus loin dans le temps. C’est d’ailleurs à ces derniers que fait aujourd’hui le plus penser le duo formé par Josh Carter et Sarah Bartel. Production musclée avec beats vitaminés et effets catchy sur la voix, mélodies enlevées, c’est taillé pour être efficace. Ajoutez que les deux comparses ont tout fait pour que leur mue se voie (dans le clip de You Don’t Get Me High Anymore, Sarah Bartel apparaît en blonde platine limite aguicheuse, ce troisième album est annoncé depuis le printemps et quatre extraits ont déjà été publiés), et l’itinéraire semblait tout tracé. Toutefois, “Three” était également annoncé comme un album marqué par le deuil (Sarah Bartel a perdu sa soeur en plein enregistrement), ce qui était à même d’apporter plus de gravité et d’épaisseur à l’album. En ce sens, Cruel World portait de belles promesses : sur ce morceau où Sarah Bartel chante son dépit et sa peine, son chant se fait plus retenu, et l’utilisation du sample sur le refrain vient bousculer la structure initiale. Bref, avec ces extraits lancés en éclaireurs, le doute était encore permis sur la forme finale de “Three” et Phantogram gardait un crédit fragile.

Avec Funeral Pyre, Phantogram lance l’album de manière magistrale. Le chant de Sarah Bartel, très direct, fait merveille, les strates sonores se mettent en place petit à petit puis s’entremêlent avant d’être rejointes par une ligne de guitare incendiaire, le morceau se déploie et emporte tout. Par contraste, Same Old Blues, qui lui succède, en devient presque insupportable. Pris seul, ce morceau qui tourne depuis déjà un petit moment est un titre enlevé, tape-à-l’oeil mais dont on peut plus ou moins s’accommoder. Dans le cadre de l’album, après Funeral Pyre, on entend plus que les défauts : effets racoleurs sur la voix, pont tout droit sorti de la pire variété FM, c’est pas possible… Sur la suite de l’album, on oscille sans cesse entre ces deux pôles : titres gonflés aux hormones (You Don’t Get Me High Anymore, Answer, et, de temps en temps, une éclaircie (Cruel World, Barking Dog et ses boucles de violon). A ce jeu, seul You’re Mine peut éventuellement apparaître comme une synthèse, le chant à deux voix, la mélodie catchy bien sentie faisant du morceau une vraie réussite pop capable d’atteindre toutes les oreilles. Mais cela ne suffit pas à éviter à “Three” sa forme bancale, souvent grossière. Le duo garde toutefois quelques atouts dans sa manche. Reste à savoir s’ils sauront à l’avenir se concentrer sur l’essentiel et s’adresser à un producteur soucieux avant tout de faire briller leur musique plutôt que leur vendre du gros son au kilomètre.

 

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Funeral Pyre
  2. Same Old Blues
  3. You Don’t Get Me High Anymore
  4. Cruel World
  5. Barking Dog
  6. You're Mine
  7. Answer
  8. Run Run Blood
  9. Destroyer
  10. Calling All

La disco de Phantogram

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The Other I
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Voices
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Eyelid Movies
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