All Eternals Deck


Un album de sorti en chez .

Presque rien n’a changé depuis que John Darnielle s’est résolu à signer avec le label 4AD, et à travailler dans des conditions enfin optimales pour "Tallahassee" (2002), sorte de classique folk-rock lent, fascinant, envoûtant, tendu. La simplicité apparente de cet album abritait pourtant le talent de l’un des auteurs de chansons les plus souvent cités […]

Presque rien n’a changé depuis que John Darnielle s’est résolu à signer avec le label 4AD, et à travailler dans des conditions enfin optimales pour "Tallahassee" (2002), sorte de classique folk-rock lent, fascinant, envoûtant, tendu. La simplicité apparente de cet album abritait pourtant le talent de l’un des auteurs de chansons les plus souvent cités parmi les meilleurs de la dernière décennie. Depuis, les disques de haute tenue s’enchaînent une année sur deux, que les connaisseurs adoptent sans délai, appréciant la voix nasale de Darnielle et ses méthodes introspectives particulières. Il plonge tel un échalas gothique, regard concentré, dans des intrigues érudites, se rendant à dessein la tâche plus excitante en y ajoutant un supplément d’âme.

Demandant mine de rien à Erik Rutan (Morbid Angel/Hate Eternal) d’assurer la production de ce disque, Darnielle confirme son statut iconoclaste. Et alors que beaucoup d’auditeurs ont l’attention tournée vers les textes cryptiques à base de vampires métaphoriques, de cow-boys énigmatiques et de l’origine Tanzanienne du monde (Sourdoire Valley Song), lui s’extasie sur les trouvailles sonores mises en œuvre sur "All Eternals Deck" : "Beautiful Gas Mask passe à travers un ENGL Powerball, l’ampli d’Erik. On n’aurait jamais pensé faire passer la guitare par cet énorme ampli et me voir ensuite jouer très doucement […]. Il y a cette présence crépitante, lancinante en arrière-plan". Ce n’est pas anecdotique. Ce son soudain alourdi, subtilement amplifié, illustre mieux que jamais le contenu lyrique des différentes chansons.
Ce disque met en scène en subtilité ; les cordes sur Age Of Kings, la débarrassent du suspense omniprésent ailleurs pour accéder à une beauté simple ; ailleurs, c’est un orgue électrique qui souligne, un piano percutant et la remarquable participation d’un trio vocal qui fait de High Hawk Season le titre le plus original du disque. Même dans ce moment curieux, Darnielle échappe au pittoresque ; il est toujours en mouvement, signe un superbe exercice de confrontation. “Rise if you’re sleeping, stay awake./We are young supernovas and the heat’s about to break.” Une bonne chanson des Mountain Goats laisse des interrogations en suspens ; celle-ci suscite une curiosité plus profonde.

C’est un canon de mots et une collection de chansons qui reposent beaucoup sur les destins et les paraboles historiques, explorant des mythes vécus sans proposer de conclusion. Pourtant la conviction de Darnielle donne une cohérence naturelle à ses textes. Notre plus grand plaisir est d’en voler quelques bribes. « God damn these vampires/For what they’ve done to me” dans Damn These Vampires ; “Every martyr in this jungle is gonna get his wish” sur Escale State Sign, le climax d’un trio de chansons qui fait grimper la tension en ouverture du disque ; puis on plonge dans une nostalgie nimbée avec Age Of Kings : « Gold light shining on so many things in the age of kings”. Une chanson est dédiée à l’acteur Charles Bronson (l’Harmonica dans Il était une Fois Dans l’Ouest), et révèle combien Darnielle peut se faire didactique : « Pull back the hammer, try to hold the gun straight » (« Tire le chien, essai de tenir le flingue droit »).

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Damn These Vampires
  2. Birth of Serpents
  3. Estate Sale Sign
  4. Age of Kings
  5. The Autopsy Garland
  6. Beautiful Gas Mask
  7. High Hawk Season
  8. Prowl Great Cain
  9. Sourdoire Valley Song
  10. Outer Scorpion Squadron
  11. For Charles Bronson
  12. Never Quite Free
  13. Liza Forever Minnelli