Wild Nothing - Indigo

Indigo


Un album de sorti en chez .

6

Quatrième opus en mode synthétique pour le groupe de Jack Tatum.

Le concept de “glam-pop” est un style difficilement tangible. Plus informel qu’inscrit dans les registres, beaucoup d’artistes ont pourtant transposé l’hyper-sensualité, le travestissement et la théâtralité du glam-rock à un univers au contenu volontiers plus enjôleur, avec Connan Mockasin, Ariel Pink ou encore Lawrence Rothman comme récents pourvoyeurs. Étroitement lié à l’intensification récente de la lutte LGBT, cette faculté à avoir su brillamment faire évoluer pop et mentalités semble peu à peu étendre son territoire et influer sur ses autres représentants contemporains, qui en retour cherchent à traquer les mouvances pour rester dans le coup ou s’imprégner inconsciemment d’une généralisation du genre, synthétique au demeurant.

Sans se rallier publiquement aux causes, il est fort à parier que Wild Nothing a choisi de s’engouffrer dans la brèche avec “Indigo”, quatrième album au visage pas si surprenant qu’il n’y paraît. Tout d’abord du fait que la formation américaine a su gagner ses galons au rayon d’une pop vaporeuse et syncopée, avec deux dernières productions qui ont fait mouche (“Nocturne” puis “Life Of Pause”), mais aussi et surtout parce que Jack Tatum, frontman de son état, possède suffisamment de ressources pour lier son époque à ses inspirations et ainsi emmener ses comparses dans son sillage.

En résulte un album qui trace clairement sa démarcation des précédents, en perdant en arrangements épurés contre de prédominantes réverbérations, tant sur les voix que les mélodies, et lui file l’agréable bourdon des eighties dans son ADN tout en gardant ses illustres influences en ligne de mire (The Smiths, MBV). Résonance du passé conjugué au présent, le single Letting Go dessine d’entrée cette ligne qui fera admettre ou refuser les nouveaux tons imprimés par Wild Nothing, à qui y décèlera une réelle évolution dans la création, exacerbant davantage son style en élargissant celui-ci à des contrées synthétiques encore inexplorées, au contraire de ceux qui enfouiront sans regrets cet “Indigo” sous d’autres albums au tonneau similaire (“VPI Harmony” de Mood Rings, “Herein Wild” de Frankie Rose…) et qui avaient annoncé la couleur avant lui.

On remarque cependant quelques morceaux déviant de leur trajectoire pour une ballade exotique et cuivrée (Partners In Motion) ou encore un exercice de contre-balances rythmiques (The Closet Things To Living), tous deux se démarquant par l’idée de rupture qu’ils dégagent au regard du reste. Un ensemble somme toute délivré avec une maîtrise et une sobriété bienvenues qu’évoque, entre autre, l’harmonieux titre de clôture Bend. Ce n’est pourtant pas cet album qu’on retiendra de Wild Nothing dans plusieurs décennies, lorsque la pop brillera encore de son éternelle mutation…

 

 

Community Manager
  • Publication 584 vues19 septembre 2018
  • Tags Wild NothingCaptured Tracks
  • Titres recommandés Letting Go Oscillation Bend
  • Partagez cet article

Tracklist

  1. Letting Go
  2. Oscillation
  3. Partners in Motion
  4. Wheel of Misfortune
  5. Shallow Water
  6. Through Windows
  7. The Closest Thing to Living
  8. Dollhouse
  9. Canyon on Fire
  10. Flawed Translation
  11. Bend

La disco de Wild Nothing

Indigo6
60%

Indigo