"> Angel Olsen - Burn Your Fire For No Witness - Indiepoprock

Burn Your Fire For No Witness


Un album de sorti en chez .

9

Son nom, sa voix et son joli minois ne vous évoquent peut-être rien, et pourtant, il faudra compter sur le deuxième effort de l'envoûtante Angel Olsen parmi les plus beaux disques entendus cette année...

Pour être tout à fait franc, parler de cette nouvelle perle de la scène folk-rock ne souffrirait guère du syndrome de la page blanche ou d’un quelconque manque d’inspiration, tant le nombre de superlatifs à son égard relèverait de l’infinitude, quitte à demeurer proche d’un récit totalement démesuré. Avouons-le. En revanche, et ce avant même de rentrer dans les détails, nous sommes en mesure d’affirmer la chose suivante : s’immiscer comme nous avons pu le faire au cœur du deuxième album de la belle Américaine, « Burn Your Fire For No Witness », fait encourir l’auditeur en quête de sensations un risque à ne surtout pas négliger. Celui de ne jamais plus pouvoir s’en échapper…

Auteur d’un premier album paru en 2012 sur Bathetic Records, Angel Olsen signe donc ce mois-ci son second recueil sur Jagjaguwar, label unanimement reconnu lui garantissant une exposition beaucoup plus large. La preuve, la jeune femme s’est baladée ces derniers mois à travers le globe pour promouvoir ses nouveaux titres, multipliant les sessions acoustiques et autres concerts de poche (NPR, La Blogo…) seule avec son instrument, séduisant avant l’heure une partie de son auditoire ignorant encore la véritable grandeur de son empreinte, discrète certes, mais intense.

Intense. Un terme qui qualifie le plus justement sa tessiture vocale, retraçant naturellement les belles heures du jazz vocal des années 50 et de la soul américaine réunis. Indubitablement, ce don organique lui permet de s’affranchir de différents registres, convergeant entre une pudeur maladive, un élan déclamatoire et un phrasé se soldant quelquefois en un vibrato sombre et mélancolique. Le morceau d’ouverture, Unfucktheworld en apporte d’emblée la confirmation. Emmené par une guitare sèche et le timbre lo-fi d’Olsen, comme capté aux hurlements d’un cornet gramophonique, ce premier titre impose sa griffe rétrospective avec une folle élégance. Les pistes s’enchaînent dès lors comme une succession d’hommages à ses plus grandes influences, de son enfance dans les quartiers de St.Louis à ses premières représentations dans les coffee-shops du Missouri puis de Chicago. On y retrouve pêle-mêle des relents post-punk aphrodisiaques (Forgiven/Forgotten), une fable country-rock avec son lot de riffs électriques et onduleux (Hi-Five) mais aussi des références aux ballades intemporelles des seventies (Lights Out, Dance Slow Decades, Windows) ou encore un détour par le revival réminiscent de ces dernières années (Deerhunter, No Age…), délivré avec une sagesse toute relative et sans le moindre accroc notable (High & Wild, Stars).

Angel Olsen évoque à chaque occasion son thème favori, l’amour, fidèle, fusionnel et tragique à la fois, sans malgré tout ressasser à l’identique le glorieux passé des genres musicaux sur lesquels elle puise son inspiration. Au contraire, ses qualités d’écriture et d’interprétation lui permettent de s’approprier ces supports avec une singularité digne des grands noms de la musique moderne. Sa présence et le degré d’émotion incarnant la plupart de ses compositions sont un modèle du genre, dans la lignée d’une Cat Power au cours de ses premiers pas sur « Dear Sir » jusqu’à l’album « Moon Pix », mais aussi à Alela Diane et sa puissance incantatrice, ou encore à la délicatesse vocale incarnée par Hope Sandoval du groupe Mazzy Star. Le bouleversant White Fire, folk-song sensible et hantéé où on imaginerait aisément Leonard Cohen rester sans voix face au plus symétrique de ses pendants féminins, illustre l’incroyable aptitude d’Angel Olsen à bousculer nos affects, les faire resurgir instantanément pour ensuite les tenir en haleine jusqu’à l’essoufflement de ses dernières notes.

Vous l’aurez deviné, inutile de taire la candeur de cet album, clôturé par deux pièces folk à la beauté subliminale (Enemy, Windows) et propulsant en conséquence sa créatrice vers les sommets du folk-rock indé moderne. Un album à écouter et à apprécier à sa juste valeur, à écumer inlassablement et à ranger pourquoi pas dans votre écrin musical le plus précieux. Soyez-en certains, la démesure prend finalement tout son sens lorsqu’il s’agit de définir et contempler le passionnant univers de l’ange Olsen…

 

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Tracklist

  1. Unfucktheworld
  2. Forgiven/Forgotten
  3. Hi-Five
  4. White Fire
  5. High & Wild
  6. Lights Out
  7. Stars
  8. Iota
  9. Dance Slow Decades
  10. Enemy
  11. Windows
  12. White Water - Bonus Track
  13. All Right Now - Bonus Track
  14. Only With You - Bonus Track
  15. May as Well - Bonus Track
  16. Endless Road - Bonus Track

La disco de Angel Olsen

My Woman9
90%

My Woman

Phases8
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Phases

Sleepwalker EP
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Half Way Home
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