"> Butch McKoy - Heart Ink Black - Indiepoprock

Heart Ink Black


Un album de sorti en chez .

7

Folk en lévitation.

« Renouveler la folk », en voilà une belle arlésienne de la musique indépendante. Rarement relevé, le défi a cassé bien des dents. Récemment, nous évoquions Duke Garwood, et à bien des égards, la musique aérienne et éraillée de Butch McKoy nous rappelle le Duke. Sorte de bande son d’un western urbain, « Heart Ink Black » a ce côté « poussière et règlement de comptes » mais également tout un pan presque gothique grande période 4AD. A ce titre, plusieurs morceaux de cet album et son précédent font l’objet d’une intégration dans l’adaptation de « Lucrèce Borgia » par David Bobée.

Premier élément notable, et qui est loin d’en faciliter la chronique, c’est l’unité dont fait preuve l’ensemble des morceaux de cet album, tous suivant cette logique de rythmiques peu marquées. Plus précisément, celles-ci semblent étirées, léchées par les arrangements dignes d’un This Mortal Coil. The Blood constitue un parfait exemple de la démarche, presque sept minutes rythmées par un riff effleuré mais surtout navigant en apesanteur constante mais pas monotone.

Peut-être qu’en cette cohérence poussée à l’extrême, associée à l’atmosphère brumeuse, sommeille le travers de cet album qui aurait tendance à susciter l’ennui chez certains. Mais s’arrêter à cela ferait passer à côté de grands moments de grâce, au premier rang desquels la fulgurance de My King. Véritable hit de 2016, n’ayons pas peur des mots, il s’agit d’une fresque, 10 minutes traversées par l’introspection et la tempête, par un interprète habité par son propos.

Butch McKoy marquera cette année sans aucun doute, on peut même anticiper que la fin d’année le consacrera comme une des révélations dans nombre de tops, malgré une carrière démarrée il y a un moment. Du haut de sa maîtrise d’une americana très sombre qui prend toute son ampleur quand elle se veut un peu plus théâtrale, il nous évoquerait presque le maître David Eugene Edwards (Wovenhand, 16 Horsepower). On soupçonne, à ce titre, le garçon d’être un élément à ne pas rater sur scène. Cela tombe bien, la Boule Noire, à Paris vous a concocté une superbe soirée le 17 juin prochain associant Butch à l’affiche de Bror Gunnar Jansson.

Enfin, nous ne résistons pas à l’envie de vous diffuser le magnifique clip de My King (le chef d’oeuvre en puissance) avec la participation de Béatrice Dalle (interprète principale de « Lucrèce Borgia »)

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La disco de Butch McKoy

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On The Road
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