"> Dillon - The Unknown - Indiepoprock

The Unknown


Un album de sorti en chez .

9

Après un premier album séduisant en diable qui avait brillé par l'éclectisme de sa jolie auteure, on était impatient de savoir si la jeune brésilo-berlinoise allait confirmer.

Une jolie voix, des morceaux qui oscillaient sans contradictions entre arrangements électro et divers instruments, dynamiques variées, ton général relativement léger mais raffiné, il n’en fallait pas plus pour que « This Silence Kills », le premier album de Dillon paru fin 2011, reçoive tous nos louanges. A l’heure du second album, s’il serait un brin exagéré de dire que Dillon devait remanier sa musique, la nécessité de faire des choix s’imposait néanmoins car, à toucher à tout, le risque est de finir par ne toucher à rien. Et, sans l’effet de surprise, si « The Unknown » avait peu ou prou repris les schémas de son prédécesseur, il y a fort à parier que le résultat n’aurait pas été à la hauteur.

Sans être véritablement radicales, les options retenues sur ce second album sont claires dès les premières écoutes : pas d’évolution dans le chant, sans grandes variations, Dillon s’appuyant avant tout sur le léger grain de sa voix. Une certaine continuité sur la forme, car si « This Silence Kills » offrait une instrumentation variée, sur chaque morceau, Dillon ne retenait que quelques éléments, et il en va de même ici. En revanche, la palette sonore est beaucoup plus resserrée. Voix, piano, quelques touches synthétiques de ci de là, et c’est à peu près tout sur l’ensemble de l’album. Surtout, le ton général devient plus intimiste, parfois même plus sombre. The Unknown, qui ne se contente pas de donner son titre à l’album, installe un climat instable entre quelques notes de piano, un chant assez chaud et des textures électro tendues et inquiétantes. Mais sur A Matter Of Time, la mélodie est plus affirmée et malgré une certaine retenue, semble orienter l’album vers une forme relativement douce et ouatée, ce que confirment le très beau You Cover Me, teinté d’émotion tout en s’appuyant sur un seul petit accord métronomique et l’élégant Forward, qui se dévoile petit à petit pour culminer sur un refrain lumineux.

Pourtant, sur le milieu d’album, imperceptiblement, le ton change. In Silence, tout comme 4ever sont plus monocordes, moins chatoyants, les notes de piano s’égrènent au compte-gouttes, les silences s’étirent, le chant se fait grave par instants et il n’est plus question d’écouter d’une oreille distraite, au risque de rester sur le sentiment que « The Unknown » traîne sa misère et aligne des morceaux décharnés. De fait, il est clair que Dillon a non seulement fait le choix de sortir un disque qui ne lui permettra sans doute pas de conquérir un large public, mais également pris le risque de s’aliéner une partie des admirateurs de son premier opus. L’exigence a un prix, parfois élevé… Mais tous ceux qui sauront faire preuve de patience et reviendront à cet album ne seront pas déçus, car Evergreen, le plus léger Don’t Go ou encore Lightning Sparked sont de véritables petites perles d’écriture aux arrangements soignés, mouvants, toujours changeants. Dillon ne fait pas dans le spectaculaire, en laissera beaucoup indifférents, en ennuiera d’autres, en captivera quelques-uns. On est de ceux-là.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. The Unknown
  2. A Matter of Time
  3. You Cover Me
  4. Forward
  5. In Silence
  6. 4ever
  7. Evergreen
  8. Into the Deep
  9. Don't Go
  10. Lightning Sparked
  11. Nowhere
  12. Currents Change

La disco de Dillon

90%

Kind

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