"> Fuck Buttons - Slow Focus - Indiepoprock

Slow Focus


Un album de sorti en chez .

7

Le troisième album du duo Fuck Buttons : un mille-feuille bruitiste agressif et fascinant !

Pour les lecteurs réguliers de ces pages, Bristol évoque en premier lieu les grandes heures du trip-hop et les fers de lance majeurs qu’en ont été Massive Attack et Portishead. C’est de cette même ville que nous vient le duo Fuck Buttons ; cela sera uniquement mentionné pour l’anecdote, car pour le reste, la comparaison tournera court. Autant l’écrire tout de go, les deux Fuck Buttons proposent une incarnation assez… abrupte de la musique électronique. C’est d’ailleurs probablement un des facteurs de leur popularité avérée auprès du public rock. Leur son, plus concret et métallique que synthétique, et leurs rythmes, lents, menaçants, peu propices à un déchaînement sur le dance-floor, se rapprochent plus du rock, justement, que d’une musique de danse. Fuck Buttons n’est pas Underworld et on aura clairement du mal à se secouer la couenne sur « Slow Focus ». Sur la longueur, cette approche définitivement agressive peut décourager et si les prestations scéniques des Anglais sont toujours louées, leur précédent album « Tarot Sport » s’était révélé un peu pénible. Ce nouveau disque s’avère bien plus accessible et stimulant.

La marque de fabrique de Fuck Buttons repose sur la superposition de couches sonores, additionnées jusqu’à constituer un mille-feuille bruitiste d’une compacité inouïe. Cette addition insensée rend l’écoute presque oppressante, mais toujours impressionnante et parfois fascinante par les coïncidences mélodiques ou du moins harmoniques qui émergent du magma pour accrocher l’oreille envers et contre tout. L’approche reste très violente, faite de rythmes martiaux entrant en collision avec des grincements ou des sons percussifs divers, mais l’hypnose n’est pas loin.

Étonnamment, de ce chaos naît souvent une sorte d’équilibre qui, au plus fort du bruit, parvient à transmettre une étrange sensation de sérénité, malgré l’ambiance très sombre développée par les morceaux. Dans un état second, l’auditeur peut alors, à loisir, suivre l’une ou l’autre de ces nappes, la voir évoluer, se développer comme on regarderait une fleur éclore en stop-motion, ou bien se laisser porter par l’ensemble qui demeure étonnamment harmonieux. Le paradoxe s’épaissit même lorsque l’on constate qu’une fois passé le KO initial, cette musique stimule l’imagination et se fait cinématographique, évoquant de nombreuses images. Et lorsqu’enfin le paysage sonore se clarifie, comme sur le dernier tiers de The Red Wing, alors que les deux premiers ont été consacrés à l’accumulation des sons, au dérèglement des sens, la sensation de clarté est d’autant plus stimulante et fascinante.

Bien entendu, on reste assez loin d’un easy listening quelconque : Fuck Buttons propose une musique brutale, destinée à taper avant tout au niveau du plexus, à diffuser à volume très, trop élevé. Violent, physique et malgré tout hypnotique, « Slow Focus » ne se laisse pas apprivoiser facilement, mais le jeu en vaut largement la chandelle.

Chroniqueur
  • Publication 357 vues27 mai 2014
  • Tags Fuck ButtonsATP
  • Partagez cet article

Tracklist

  1. Brainfreeze
  2. Year of the Dog
  3. The Red Wing
  4. Sentients
  5. Prince's Prize
  6. Stalker
  7. Hidden Xs

La disco de Fuck Buttons

Slow Focus7
70%
Tarot Sport
0%