"> Idles - Tangk - Indiepoprock

Tangk


Un album de sorti en chez .

7

Nouvel album d'Idles, celui d'un changement de cap.

On sentait poindre chez Idles une volonté de s’émanciper du carcan post-punk dans lequel on les avait casés depuis quelques temps déjà. En 2020, à la sortie de « Ultra-Mono », Joe Talbot n’avait pas hésité à déclarer que cet album était une caricature d’eux-mêmes, ce qui annonçait avec une certaine audace et radicalité l’annonce d’une ère qui se refermait. Par ailleurs, le groupe de Bristol s’était vu auparavant accusé par d’autres formations britanniques de n’avoir qu’une radicalité et un engagement social de façade alors qu’ils ne connaissaient rien à la classe ouvrière anglaise. Dans ces conditions, plus grand-chose ne retenait le groupe de passer à autre chose. La sortie de « Crawler », intervenue à peine un an après celle d' »Ultra-Mono » confirmait le souhait d’idles de tourner la page et de vite donner corps à la suite. Une transition néanmoins progressive puisque si le groupe avait alors, pour le meilleur, assoupli ses morceaux et ouvert sa musique a davantage de variation, guitares furieuses et chant grondant restaient à l’honneur.

Avant la parution de « Tangk », Joe Talbot avait cette fois annoncé vouloir faire danser les foules avec sa musique et plus seulement pogoter joyeusement. Une ambition que Dancer, un des singles envoyés en éclaireur, se chargeait d’incarner, au propre, avec un soupçon de dérision, comme au figuré. Pourtant, à la découverte de l’album, on se rend compte que Dancer était plutôt un morceau rassurant pour les fans, qui découvraient avec lui que le groupe pouvait embrasser une dynamique dansante sans abandonner sa fibre nerveuse et tendue. « Tangk » contient d’ailleurs d’autres moments de ce genre, notamment Gift Horse ou encore Hall & Oates. Sauf que ces morceaux tournent un peu à vide et pâtissent d’un manque cruel d’inspiration, ou peut-être devrait-on dire de conviction.

En effet, si « Tangk » souffre d’un écueil, c’est celui d’être un album pas complètement bien géré dans sa construction. Car c’est bel et bien le disque d’une mutation, assez profonde, dans le son et les dynamiques, la présence de Nigel Godrich à la production notamment n’y étant pas étrangère. Et, dans ses meilleurs moments, c’est un album carrément bluffant. Sur Pop Pop Pop, le groupe revoit complètement son canevas sonore, en mixant éléments organiques et synthétiques, et opte pour une dynamique assez chaloupée, en équilibre entre emphase et langueur. Sur A Gospel, on a droit à une ballade intimiste avec accord de piano et éléments dissonants relégués en fond, pour jouer le contrepoint. Grace s’appuie sur une boîte à rythmes, le chant de Joe Talbot se fait presque lymphatique, la dynamique doucement psychédélique. Avec Monolith, l’album se referme sur un dépouillement poussé à l’extrême, comme si tout ce qui servait à Idles à faire du bruit avait rendu les armes. Pris les uns indépendemment des autres, tous ces moments sont exceptionnels et témoignent d’un groupe capable de se réinventer. Mais en voulant glisser entre eux quelques autres moments plus « classiques », moins inspirés, ou en les enchaînant, le groupe ne réussit pas totalement à faire de « Tangk » un album qui happe l’auditeur du début à la fin. Tout en contenant de quoi démontrer qu’Idles est un grand groupe qui sait se donner les moyens de ses ambitions. Bref, on tient peut-être là l’ébauche d’un chef d’oeuvre qui reste à écrire.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. IDEA 01
  2. Gift Horse
  3. POP POP POP
  4. Roy
  5. A Gospel
  6. Dancer
  7. Grace
  8. Hall & Oates
  9. Jungle
  10. Gratitude
  11. Monolith

La disco de Idles

Tangk7
70%

Tangk

Crawler9
90%

Crawler

Ultra Mono8
80%

Ultra Mono

Joy As An Act Of Resistance9
90%