"> Laibach - Volk - Indiepoprock

Volk


Un album de sorti en chez .

Il y a deux ans, "Anthems" faisait le point sur la riche et subversive carrière de Laibach, proposant une rétrospective de leur electro-indus martiale qui transforme allègrement textes politiques en chansons pour dancefloor et tubes pop en morceaux de propagandes sombres et angoissantes. On avait donc pu redécouvrir les hymnes rassembleurs d’une nation virtuelle, le […]

Il y a deux ans, "Anthems" faisait le point sur la riche et subversive carrière de Laibach, proposant une rétrospective de leur electro-indus martiale qui transforme allègrement textes politiques en chansons pour dancefloor et tubes pop en morceaux de propagandes sombres et angoissantes. On avait donc pu redécouvrir les hymnes rassembleurs d’une nation virtuelle, le NSK (Neue Slovenische Kunst). Il était donc presque logique de voir un jour ces slovènes s’en prendre au patrimoine des états. Passant les hymnes nationaux à la moulinette, ils offrent un nouveau visage à ces musiques parfois poussiéreuses. Les grandes nations du globe (USA, Russie, France, UK, Japon, Chine…) font alors les frais de ce travail chirurgical.

Et la réussite est là ! Si l’on passera rapidement sur "Italia" et "Espanã" un peu trop dans l’esprit d’artistes de variétés qu’on peut connaître dans ces pays, mandoline à la main, on est par contre sous le charme des chœurs d’enfants (de l’armée rouge ?) sur Rossiya, qui a déjà servi de base au célèbre Go West. Piano délicat (Zhōnghuá) ou percutant (Türkiye), cordes, habillage électronique soigné qui fait que, par exemple, Anglia n’est pas sans évoquer Perry Blake ; autant d’arrangements précieux que l’on doit à leurs compatriotes de Silence.

Politique, cet opus l’est également car Laibach ne se contente pas de plagier, il délivre aussi son propre message aux peuples des nations concernées. De Francia réalisée pendant les émeutes en banlieue, à Yisrā’el qui réunit israéliens et palestiniens sous une même bannière, celle de la paix, en passant par l’hymne du Vatican. Cette œuvre se conclut par l’hymne de leur propre état virtuel, le NSK (même si figure aussi celui de la Slovénie), dans un registre finalement beaucoup plus traditionnel.

Poursuivant sa recherche de la parfaite pop-song, s’attachant aux concepts et aux manifestations de la culture populaire, Laibach propose un enthousiasmant travail de construction et de recomposition qui redonnerait presque l’envie d’être patriote, drapeau à la main. Mais attention, car si "Volk" signifie ‘peuple’ en allemand, il veut aussi dire ‘loup’ en slovène, dangereux regard inquisiteur sur nos peaux de pauvres brebis égarées et autres moutons de Panurge… Saisissant !

Chroniqueur
  • Publication 630 vues19 octobre 2006
  • Tags LaibachMute
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Tracklist

  1. Philoktet
  2. Der Vater
  3. Medea Material
  4. Ich bin der Engel der Verzweiflung
  5. Flieger, grüß mir die Sonne
  6. Ordnung und Disziplin (Müller versus Brecht)
  7. Lessing oder Das Ende der Aufklärung
  8. Traumwald
  9. Im Herbst 197.. starb... - Instrumental
  10. Ich will ein Deutscher sein
  11. Ich war die Wunde
  12. Das Lied vom einsamen Mädchen - Live
  13. Im Herbst 197.. starb... - Live
  14. Seife in Bayreuth - Live
  15. Herakles 2 oder die Hydra - Live
  16. Wir sind das Volk nur durch die Liebe (Abschlussrede von Peter Mlakar, live)