"> Mansfield.TYA - Seules au bout de 23 secondes - Indiepoprock

Seules au bout de 23 secondes


Un album de sorti en chez .

Les deux nantaises de Mansfield. TYA nous avaient déjà donné de belles promesses avec un joli premier album et des concerts convaincants, et, autant le dire d’emblée, elles ont plus que bien utilisé leur temps pour nous offrir ce "Seules au bout de 23 secondes". Le premier mérite, et pas le moindre, des deux filles, […]

Les deux nantaises de Mansfield. TYA nous avaient déjà donné de belles promesses avec un joli premier album et des concerts convaincants, et, autant le dire d’emblée, elles ont plus que bien utilisé leur temps pour nous offrir ce "Seules au bout de 23 secondes".

Le premier mérite, et pas le moindre, des deux filles, est de donner un grand bol d’air à la production française. D’autres groupes de chez nous avaient déjà récemment montré qu’ils étaient capables de s’exprimer dans la langue de Shakespeare sans la massacrer, mais Mansfield. TYA va plus loin. Ainsi, elles chantent indifféremment en français et en anglais, en rendant grâce à chacune des deux langues. "Seules au bout de 23 secondes" brille donc par ses textes, notamment ceux en français, que l’on pourrait décrire comme violemment lucides, âpres et poétiques, qu’ils traitent de la souffrance amoureuse (Je ne rêve plus) ou de la conscience de l’absurdité de notre condition (Des journées ordinaires). Sur les morceaux interprétés en anglais, elles adoptent un ton plus narratif, qui respecte le rythme de la langue et leur permet de faire preuve de concision (Why not die together) ou d’une violence plus feutrée (My lover is gone).

Mais ce qui fait le liant entre ces deux pôles, c’est l’impressionnante maîtrise dont font preuve les deux comparses, aussi bien en termes d’interprétation que de composition. Le canevas instrumental est extrêmement riche, allant du banjo au piano, mais c’est le violon, instrument de prédilection de Carla Pallone, qui retient le plus l’intention. Soutenant parfaitement la voix à la fois fragile et profonde de Julia Lanoë, mettant en lumière de manière spectaculaire la beauté des morceaux (Lointaine, My lover is gone), il illustre à merveille la réussite totale de cet album. Car, alliant balades suaves et oniriques (Long ago, Fantômes) à des ambiances plus tendues et colériques (Silver silences II, So long), Mansfield. TYA échappe à toute tentative de classification ou de cloisonnement, ne se donnant que l’excellence comme limite. A ce stade, parler de confirmation serait un terrible euphémisme. "Seules au bout de 23 secondes" est un album superbe, lyrique, touchant, âpre, bien produit, sans rien à jeter, d’ores et déjà important et qui ne trouvera pas beaucoup d’équivalents cette année.

Rédacteur en chef

La disco de Mansfield.TYA