Nouvel album du combo ecossais, modèle de longévité.
Il est assez amusant de se demander si, en élaborant ce onzième album, les désormais vétérans écossais Mogwai avaient la pression. Et pourquoi d’ailleurs ? Parce qu’avec « As The Love Continues », leur précédent album de 2021, le groupe avait réussi la prouesse marquante et rare d’atteindre la première place des charts au Royaume-Uni pour la première fois de leur carrière, et ce après 25 ans d’existence. Une belle récompense pour une formation qui, quasiment dès ses débuts, a déjoué tous les pronostics sur sa capacité à « durer » et à renouveler sa matière. Et, aujourd’hui, voilà que, certes à leur corps défendant et par un concours de circonstances qu’on évitera de qualifier de bienvenu, ils débarquent avec un album intitulé « The Bad Fire » pile au moment où Los Angeles est ravagée par les flammes… Le post-rock ayant toujours été un genre qui, avec sa prédominance de longs morceaux souvent majoritairement instrumentaux et en oscillation perpétuelle entre climats apaisés et déflagrations cataclysmiques, « The Bad Fire » aurait pu devenir la bande-son d’une catastrophe en cours.
Mais, sur ce nouvel album, la troupe de Glasgow, sans tourner le dos à ses fondamentaux, opte plutôt pour une approche plus « apaisée » de sa musique. On est néanmoins loin d’un climat qui lorgnerait vers une sorte d’ambient, mais disons que Mogwai a concentré les composantes da sa musique, dans un ensemble assez consensuel qui donne la part belle aux guitares, laisse entrer des voix par moments, tout comme des textures plus synthétiques. Sur la forme, les morceaux sont tantôt enlevés (Fanzine Made Of Flesh), à d’autres plus atmosphériques et apaisés (Pale Vegan Hip Pain), sans jamais tomber dans des extrêmes bruyants ou abstraits.
Est-ce ainsi que Mogwai ont décidé de gérer la suite de leur montée de notoriété ? En adoptant une position « centriste » ? « The Bad Fire » le laisse penser et, pour tout dire, cela n’a rien de déshonorant. Si Mogwai peuvent se le permettre sans se voir accusés d’académisme ou de consensualité à outrance, c’est que la richesse de leur carrière et des territoires qu’ils ont exploré est suffisamment large pour qu’ils aillent puiser des ressources riches et variées qui sont totalement constitutives de leur identité. Et ils y ajoutent une patte dans la composition qui fait qu’à l’écoute de « The Bad Fire », on sait qu’on écoute un album de Mogwai et que celui-ci offrira ses beaux moments et tombera rarement dans le quelconque. On se retrouvera ainsi facilement dans l’intensité de If You Find This World Bad, You Should See Some Of The Others, dans la rondeur pop de What Kind OF Mix Is This ? « The Bad Fire » n’est peut-être pas un album qui marquera durablement cette année musicale, mais il assure sans aucun souci encore quelques belles années à ses auteurs.
- Publication 1 206 vues27 janvier 2025
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