"> Other Lives - Tamer Animals - Indiepoprock

Tamer Animals


Un album de sorti en chez .

La vidéo pour For 12, qui représente le voyage spatial du chanteur et multi-instrumentiste Jesse Tabish, montre un groupe voulant donner l’impression d’être bien établi, ancré dans un inconscient intangible, comme des  influences bienveillantes et insaisissables sur leur territoire (l’Oklahoma). Formé en 2004 sous le nom de Kunek, c’est un groupe d’americana différent de tous […]

La vidéo pour For 12, qui représente le voyage spatial du chanteur et multi-instrumentiste Jesse Tabish, montre un groupe voulant donner l’impression d’être bien établi, ancré dans un inconscient intangible, comme des  influences bienveillantes et insaisissables sur leur territoire (l’Oklahoma). Formé en 2004 sous le nom de Kunek, c’est un groupe d’americana différent de tous les autres. Celui dont des écoutes répétées révèlent force d’éléments dissimulés (trains à vapeur, chansons western avec guitares à l’avenant, clins d’œil cinématiques) avec moins de la patine bucolique qui sied tant aux Fleet Foxes mais autant de mystère occulte que ce qu’on trouvait sur « Helplessness Blues » (2011). Le mystère de la relation de Jesse Tabish à ce qu’il chante s’illustre par For 12 (« I was waiting in the dark age/Searching for the ones in my life/I’m so far away ») tandis que les cordes d’un quatuor s’élèvent et s’effacent comme dans la chanson de Radiohead How to Disapear Completely.
C’est dans la ville natale de Tabish, Stillwater, que l’album a peu a peu pris forme. « Ce n’est pas un disque qui a été écrit en le jouant tous ensemble. C’était une chose à la fois. Je ne sais pas combien 16 mois dans un studio nous coûteraient sur la côte ouest, mais c’est sans doute plus que nous sommes capables de payer. Nous avons beaucoup de place et de confort dans le studio ici et la ville est très hospitalière à la créativité. » Le confort a donné naissance à ce disque moelleux, élégant et organique, enveloppant, fascinant pour ses grandeurs et ses cordes. Le groupe laisse le violon inspirer et expirer, s’élever et s’évanouir avec une lenteur presque hypnotique. La musique de Other Lives s’apparente parfois à de la musique de chambre telle qu’elle aurait été interprétée par les gens de la terre ; et accompagnée  d’images les mieux choisies dans leur conscience collective. Dans chaque chanson, le groupe travaille la relation entre une certaine qualité de textes fuyants et contemplatifs, et une façon d’installer des ambiances dramatiques réussies.
Dust Bowl IIIest ainsi particulièrement poignante, évoquant ces tempêtes de poussières qui sévirent, au centre des Etats Unis, durant les années 30. Il devient difficile de replacer le groupe dans un lieu particulier ; comme si le prix de leur plus grande lucidité leur était acquis par une douce aliénation. Comme si le prix à payer pour attendre au sublime était, pour les musiciens eux-mêmes, de disparaître derrière la musique et sa profusion de tons.Other Lives cherche les arrangements possibles entre l’homme et le naturel, les pactes oubliés qui pourraient être conclus pour atteindre une meilleure sérénité. Tabish évite souvent de se montrer prophétique. Weather est peut-être une exception, et l’une des chansons les plus sombres sur « Tamer Animals », avec ses cœurs évoquant le Because des Beatles – les influences pop anglaises sont présentes comme nulle part ailleurs dans le genre – pour un disque souvent mélancolique.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Dark Horse
  2. As I Lay My Head Down
  3. For 12
  4. Tamer Animals
  5. Dust Bowl III
  6. Weather
  7. Old Statues
  8. Woodwind
  9. Desert
  10. Landforms
  11. Heading East
  12. Dead In The Water

La disco de Other Lives