"> St. Vincent - Strange Mercy - Indiepoprock

Strange Mercy


Un album de sorti en chez .

Avec son alias St Vincent, Annie Clark se pose entre les apparences que l’on se donne et les envies qui nous prennent, en réaction à un environnement qui s’efforce de sembler paisible et banal pour ne pas nous stimuler. Plus une personne est elle-même marquée d’une banalité apparente, plus ses envies, sa voracité, seront puissantes. […]

Avec son alias St Vincent, Annie Clark se pose entre les apparences que l’on se donne et les envies qui nous prennent, en réaction à un environnement qui s’efforce de sembler paisible et banal pour ne pas nous stimuler. Plus une personne est elle-même marquée d’une banalité apparente, plus ses envies, sa voracité, seront puissantes. « Physiquement j’ai l’air très réservée », suggère Clark. « Mais j’ai certainement autant de colère et d’agressivité en moi que n’importe quelle autre personne, et il faut que cela s’exprime d’une façon ou d’une autre. » 

"Actor", son précédent disque, noyait un peu le propos de la chanteuse dans les ornements de ses arrangements; Strange Mercy est né à la guitare, et le choc de cet instrument et des mots, ‘emboités d’une façon évocatrice’ est resté bien audible. La propension des claviers à emplir l’espace n’enlève rien à la crudité des mélodies.
Difficile, sans doute, d’aimer immédiatement cette entremêlement de claviers flûtés et d’électricité lubrique que Clark fait jaillir de son instrument de prédilection. "J’aime l’aspect physique de la guitare ; vous pouvez l’étrangler ou la faire chanter. Je ne peux pas dire que je sois très technique pour autant. C’est plus de l’intuition – c’est toujours plus le coup de chasser l’abstraction. » Le refrain, avec la phrase du titre répétée, intrigue. La production du morceau est conçue pour le rendre aussi séduisant qu’effrayant, ses bruitages acides et psychédéliques nous propulsent sans préparation dans un univers de tension psychologique qui confine à l’hystérie. Clark semble y manier le fouet autant qu’elle s’écrase sous les coups de langue enflammée de son instrument. Elle subit et inflige tour à tour, souvent simultanément. Son désespoir appelle revanche. 

Clark a beaucoup à voir avec Nina, l’héroïne du film de Darren Aronoifski, Black Swan, et ce n’est pas seulement pour sa voix de cygne. Parfois, ses images de  grandeur se concrétisent, comme sur Cruel et ses remarquables séquences de cordes, au cours d’une entêtante Cheerleader au refrain insistant ou encore sur le magnifique Year of thé Tiger. Lorsqu’elle laisse la confiance l’abandonner pour paraître plus vulnérable (Surgeon, Champagne Year…), c’est fascinant aussi. Dilettante est précieux et inclassable, entre funk et instrumentation baroque, avec un final une nouvelle fois surprenant. Clark créée des enjeux imaginaires plutôt que de tenter d’obtenir le rôle de sa vie.
Malgré le faste sonore de certains morceaux, au cœur de Strange Mercy, ce n’est que doutes, atermoiements. « Si jamais je rencontre ce sale policier qui t’a brutalisée/Non, je ne sais pas ».   Ceux qui ont déjà à eu l’occasion de découvrir ce disque très attendu le savent: le pouvoir de séduction de ce disque est laissé par Clark dans l’entrelacs de ses flottements  sensuels, au détour de ses structures originales.  

Chroniqueur
  • Publication 414 vues4 décembre 2011
  • Tags St. Vincent4AD
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Tracklist

  1. Chloe In The Afternoon
  2. Cruel
  3. Cheerleader
  4. Surgeon
  5. Northern Lights
  6. Strange Mercy
  7. Neutered Fruit
  8. Champagne Year
  9. Dilettante
  10. Hysterical Strength
  11. Year Of The Tiger

La disco de St. Vincent