"> Supergrass - Road to Rouen - Indiepoprock

Road to Rouen


Un album de sorti en chez .

Voilà plus de dix ans déjà que les Anglais de Supergrass défièrent les charts en alignant des brûlots britpop imparables : Allright, Richard III? Plus de dix ans aussi que Gaz Coombes racontait ses frasques de jeunesse, quand il se faisait embarquer par la police et appelait son grand-frère à la rescousse? Dix années ponctuées […]

Voilà plus de dix ans déjà que les Anglais de Supergrass défièrent les charts en alignant des brûlots britpop imparables : Allright, Richard III? Plus de dix ans aussi que Gaz Coombes racontait ses frasques de jeunesse, quand il se faisait embarquer par la police et appelait son grand-frère à la rescousse? Dix années ponctuées par un best-of, qui venait boucler une époque, et tourner la page.

A l’écoute de « Road to Rouen », les débuts tapageurs du combo british semblent se perdre dans une nébuleuse lointaine. Sur son deuxième album, Supergrass n’affirmait-il pas être là pour l’argent ? Et bien, il signe cette fois-ci un « suicide commercial » prémédité et assumé ! Exit les guitares tonitruantes et les ch?urs braillards : « Road to Rouen » gagne en sobriété et en élégance. La fraîcheur un peu naïve des débuts laisse la place à une certaine mélancolie. Ces deux dernières années, le groupe n’a pas été épargné par la vie, et les instants difficiles qu’il a connu sont autant d’ombres planant sur cet enregistrement : Gaz et Rob ont été profondément affectés par le décès de leur mère, et d’autres difficultés au sein du groupe ont failli compromettre définitivement l’enregistrement de l’album. d’où la tristesse et la retenue qui émanent par instant de ce dernier opus.

Pour autant, les chansons de « Road to Rouen » sont lumineuses, et leurs sonorités seventies invitent au voyage. Pour enregistrer ce disque, le groupe s’est installé dans une grange perdue aux fins fonds de la Normandie, avec un équipement rudimentaire. Ceci explique la brièveté de l’ensemble (36 minutes et 37 secondes au total !), mais aussi les surprises qui attendent l’auditeur. La construction des morceaux est métamorphosée, loin de l’éternel enchaînement «couplet, refrain, couplet, refrain, pont, refrain ».

La balade commence avec Tales of endurance, véritable patchwork musical où se mêlent guitare acoustique, slide guitare, piano, trompettes… Viennent ensuite les violons et la cithare de St Petersburg, enregistré en une seule prise. Puis, les accents manouches de Coffee in the pot et son ukulélé plein d’humour. Le groove de Road to Rouen, avec sa basse funky et sa boîte à rythme héritée des mythiques Sly and the Family Stone. Enfin, Low C et ses accords extrêmement bas inspirés par le jeu de guitare de Neil Young : « We were younger? The things we used to have are fading all too fast? » chante Gaz avec nostalgie.

De là à parler « d’album de la maturité », il n’y a qu’un pas ! Mais ne nous fions-pas aux apparences, car les Supergrass ont choisi de brouiller les pistes. Ils se gardent bien de dévoiler les nouvelles directions qu’ils comptent prendre : le prochain album pourrait marquer un retour au punk-rock, ou même une incursion vers les musiques du film ! Bref, encore de belles années musicales en perspective pour les aficionados de cette herbe incroyable?

Chroniqueur

Tracklist

  1. Tales of Endurance, Pt. 4, 5 & 6
  2. St. Petersburg
  3. Sad Girl
  4. Roxy
  5. Coffee In The Pot
  6. Road To Rouen
  7. Kick In The Teeth
  8. Low C
  9. Fin