"> The Dead Weather - Sea Of Cowards - Indiepoprock

Sea Of Cowards


Un album de sorti en chez .

Dans tous ses projets, Jack White, qui reste indiscutablement le moteur de The Dead Weather, a toujours cultivé l’urgence comme une vertu cardinale. Cela a sans doute constitué un plus pour les White Stripes, dont les albums ont toujours reflété fidèlement l’état d’esprit de ses deux membres au moment d’entrer en studio. En revanche, lorsqu’il […]

Dans tous ses projets, Jack White, qui reste indiscutablement le moteur de The Dead Weather, a toujours cultivé l’urgence comme une vertu cardinale. Cela a sans doute constitué un plus pour les White Stripes, dont les albums ont toujours reflété fidèlement l’état d’esprit de ses deux membres au moment d’entrer en studio. En revanche, lorsqu’il s’agit de rassembler divers protagonistes engagés dans d’autres projets et d’enregistrer à l’arrache, c’est plus discutable, preuve en étant le second album bancal des Raconteurs. Voir paraître "Sea Of Cowards", le second album de The Dead Weather, à peine dix mois après la sortie de "Horehound" n’était donc pas forcément un bon présage. Sauf que cette fois, l’urgence était censée être un gage de qualité, la volonté du combo étant de capitaliser sur les réflexes acquis par ses membres en tournée et de faire la preuve sur disque de la cohésion gagnée. Pour faire simple, on pourrait dire que "Horehound" était l’album de The Dead Weather, le projet, et que "Sea Of Cowards" serait l’album de The Dead Weather, le groupe.

A l’écoute de l’album, il apparaît vite que la formule n’a guère changé : The Dead Weather joue un blues rock primitif assez radical, avec un son rêche, sans grandes fioritures. A vrai dire, on s’exaspère même un peu de retrouver quasiment les mêmes schémas rythmiques, les mêmes breaks, notamment sur un Looking At The Invisible Man en copié/collé de Treat Me Like Your Mother, pour n’en citer qu’un. En outre, toute la seconde moitié du disque, sur laquelle les morceaux sont tous en dessous des trois minutes, sonne comme (trop) vite expédiée. Alors certes, on reconnaîtra qu’Alison Mosshart est plus à l’aise et donne toute la mesure de son chant sauvage, notamment sur Jawbreaker et Gasoline. On reconnaîtra également que le groupe est effectivement plus soudé, que le son général est plus fluide. Et puis, on retiendra quand même deux belles réussites, à commencer par The Difference Between Us, qui grâce à ses synthés vintage, introduit avec bonheur une note dansante dans la musique du groupe, pour le meilleur, avec un refrain impeccable. Ensuite, Old Mary et ses petites notes de piano et d’orgue ouvre lui aussi l’univers du groupe à une dynamique différente, plus subtile.

Reste cependant un constat évident qui pose vite une limite : The Dead Weather a été formé autour d’une envie de jouer ensemble, de s’éclater, Jack White notamment étant ravi de laisser sa guitare de côté pour se consacrer à la batterie. C’est très bien, sauf que pour faire un bon album, il aurait fallu que le groupe se retrouve autour de chansons. Hélas, ici, une fois de plus, l’écriture passe trop souvent au second plan. Chacun fait donc ce qu’il sait faire, avec talent et aplomb, c’est indéniable, mais sans parvenir à cacher l’essentiel. "Sea Of Cowards" est donc un album prompt à prolonger l’aventure Dead Weather, ce qui était le souhait de ses membres, mais pour l’auditeur, c’est un coup d’épée dans l’eau.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Blue Blood Blues
  2. Hustle and Cuss
  3. The Difference Between Us
  4. I'm Mad
  5. Die by the Drop
  6. I Can't Hear You
  7. Gasoline
  8. No Horse
  9. Looking at the Invisible Man
  10. Jawbreaker
  11. Old Mary

La disco de The Dead Weather