Favourite Worst Nightmare


Un album de sorti en chez .

7

Imaginez quatre gamins de Sheffield, à peine sortis de l’adolescence, faire la nique à toute l’industrie du disque et battre tous les records de ventes grâce à quelques titres mis en ligne sur Internet. On nage en plein Ken Loach ou « Full Monty » et pourtant c’est à peu de choses près ce qui est arrivé à […]

Imaginez quatre gamins de Sheffield, à peine sortis de l’adolescence, faire la nique à toute l’industrie du disque et battre tous les records de ventes grâce à quelques titres mis en ligne sur Internet. On nage en plein Ken Loach ou « Full Monty » et pourtant c’est à peu de choses près ce qui est arrivé à la bande d’Alex Turner. Si la médiatisation excessive et leur fabuleux succès commercial ont déclenché l’ire d’une partie de l’intelligentsia du rock, il faut reconnaître que les gamins avaient su composer à l’époque un album regorgeant de singles accrocheurs. Que l’on ait adhéré ou pas, il fut difficile de passer à côté du phénomène.

Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis cette tornade médiatique et les singes de l’Arctique sont déjà de retour chez notre marchand de journaux, dans notre téléviseur et notre poste de radio. Décidément il n’y a plus de saison. Espèce protégée ou pas, nombreux étaient ceux qui souhaitaient accrocher à leur tableau de chasse ces singes là en les passant au révélateur du toujours délicat second album.

Si un nouveau bassiste et un nouveau producteur (James Ford) ont fait leur apparition depuis le premier opus, pour le reste on est en terrain connu à l’écoute de « Favourite Worst Nightmare ». Nettement moins immédiat que son prédécesseur (on peine à trouver des singles) l’album s’apprécie beaucoup mieux dans sa globalité. Malgré un premier titre lourdaud (le single Brianstorm), misant tout sur la puissance de sa rythmique, on retrouve par la suite les mêmes qualités (et défauts diront certains) inhérents à leur musique. Titres courts, 3 minutes en moyenne, fréquents changements de rythme et toujours cet accent d’Alex Turner à couper au couteau, les Teddy Picker, D is For Dangerous et autre Balaclava sont clairement dans la continuité du premier album.

Pourtant, après un Fluorescent Adolescent dans la lignée des compositions du groupe, on est surpris d’entendre Alex Turner prendre une voix de crooner sur la ballade Only Ones Who Know. La patte du producteur James Ford (membre de Simian Mobile Disco) se fait enfin sentir sur des titres tel que This House is a Circus et If You Were There, Beware qui sonnent comme un mariage de raison entre l’urgence punk du quatuor et l’électro-indé de leur nouveau mentor. James Ford réussit même le tour de force de faire marcher les Artic Monkeys sur les traces des Klaxons (dont il est aussi le producteur) sur le singulier Old Yellow Bricks. L’album se conclut par son meilleur morceau (505), aux antipodes du registre habituel du groupe avec un synthé et une guitare rendant hommage aux  westerns spaghetti.

Sans renier un genre qui leur a ouvert les portes de la gloire, les Arctic Monkeys opèrent avec intelligence un délicat virage musical laissant augurer encore de belles choses pour ce groupe extrêmement précoce.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Brianstorm
  2. Teddy Picker
  3. D Is for Dangerous
  4. Balaclava
  5. Fluorescent Adolescent
  6. Only Ones Who Know
  7. Do Me a Favour
  8. This House Is a Circus
  9. If You Were There, Beware
  10. The Bad Thing
  11. Old Yellow Bricks
  12. 505