Nouvel album de Beth Orton, qui confirme son renouveau.
Quand on avait perdu de vue Beth Orton pendant un petit paquet d’années et qu’on avait appris qu’elle avait songé à mettre un terme à sa carrière, on s’était dit que c’était peut-être là le destin d’une artiste qui avait eu du mal à trouver sa place, tiraillée entre sensibilité folk et désirs de sonorités electro syncopées. Et puis en 2022, « Weather Alive » l’album de son retour, nous avait bluffés. Entourée de musiciens chevronnés et inspirés, parmi lesquels Tom Skinner ou Alabaster DePlume, ellea avait alors donné vie à un grand album sensible, soigné, porté par une musicalité impeccable. Restait alors à savoir si on avait affaire à l’avènement d’une seconde carrière pour Beth Orton ou à un beau geste isolé. Une fois encore elle aura pris son temps pour y répondre, mais autant le dire d’emblée, la réponse est éclatante.
La particularité première de « The Gound Above » est que non seulement il s’ouvre par son morceau titre mais qu’en plus, il est de ceux qui vous saisissent dès les premières secondes. C’est de sa voix, qui gagne en profondeur et en force, que Beth Orton délivre en quelques secondes de chant une mélodie intense, magnifique. Le morceau se déploie ensuite sous l’impulsion d’une ligne de batterie subtile, plus loin quelque cuivres, avec les mêmes musiciens que sur « Weather Alive », toujours aussi pertinents. Au bout des huit minutes qui constituent The Ground Above, la première envie est alors d’y revenir sans attendre, au point que se lancer dans le reste de l’album est d’abord presque difficile.
Mais rassurez-vous, la réticence tombera vite, et pour cause. Loin d’être un disque écrasé par un titre phare, « The Ground Above » est un album splendide, encore plus abouti que « Weather Alive », et encore plus dominé par Beth Orton elle-même, qui semble avoir définitivement trouvé sa voie et gagné en confiance. Ainsi, si la musicalité est toujours de mise, c’est réellement la qualité des compositions et la voix de Beth Orton qui mènent le jeu et nous emportent. L’ambiance du disque est globalement mélancolique ou douce amère, sans aucun misérabilisme, glisse parfois vers un jazz soft inspiré (ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là) le temps d’un Waiting, bouleverse totalement sur I’ll Miss You, envoûte sur Cigarette Curls. « The Ground Above » fait ainsi changer Beth Orton de statut, car, objectivement, les artistes qui peuvent se targuer d’avoir enchaîné deux albums aussi exceptionnels appartiennent à un cercle extrêmement réduit. Espérons qu’elle soit vitre reconnue à sa juste valeur.
- Publication 12 vues2 juillet 2026
- Tags Beth OrtonPartisan Records
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