"> Doug Tuttle - s/t - Indiepoprock

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Un album de sorti en chez .

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Après avoir brillamment révélé l'an dernier le talentueux Jacco Gardner, une question risque de rester en suspens à chaque nouvelle parution du label Trouble In Mind: Quel autre artiste aux accents psychédéliques succédera au néerlandais en 2014?

Pour ceux qui en douteraient encore, le label Trouble In Mind (TIM) s’est érigé depuis sa création en l’un des plus vénérables promoteurs de musiciens estampillés du sceau psychédélique. C’est en ce sens que la maison de disques basée à Chicago avait édité l’an dernier Jacco Gardner et son premier effort « Cabinet Of Curiosities ». Le jeune néerlandais au talent prometteur s’est greffé à d’autres phénomènes du genre et fait aujourd’hui la fierté -légitime- du label ( label chez qui on retrouve entre autres Ty Segall, en solo ou au cœur du trio Fuzz, Mikal Cronin, The Liminanas…). Pour tenter de faire coup double cette année, TIM a puisé au sein de son propre vivier pour lancer le dénommé Doug Tuttle, qui n’est autre que l’un des membres fondateurs du groupe MMOSS, un quatuor originaire du New Hampshire présent dans le catalogue du label depuis l’album « Only Children » paru en 2012.

Guitariste de son état, ce gringalet à la chevelure d’or s’offre une échappée solitaire plutôt bien menée, sans détours ni excès. Les gammes psychédéliques dans lesquelles Tuttle s’évertue sont sensiblement traditionnelles, rappelant à quelques endroits les belles heures du Fab Four période St. Pepper (Forget The Days, Lasting Away, Leave Your Body) ou des Byrds à l’apogée de leur oeuvre (With Us Soon, I Won’t Do). De prime abord assez basique, l’album se dévoile au fil des écoutes et révèle peu à peu ses propriétés pacifistes, incarnées par la sagesse et la concision de ses compositions (la plupart des morceaux n’excèdent pas les trois minutes trente), mais aussi et avant tout par l’illustration d’une fleur d’hibiscus sur sa pochette, symbole parmi tant d’autres d’amour et de fraternité, plaçé jadis sur les oreilles de paisibles révolutionnaires que l’on surnommaient « hippies ». Excepté l’excellent Turn This Love où notre comparse s’étale avec une belle assurance, l’ensemble réside à cents lieux d’un psychédélisme bruitiste et cérébral, loin de l’amalgame entre les machines et autres instruments en constante saturation relevant parfois d’une cacophonie à la frontière de l’inaudible. Seuls quelques arrangements à type de détournements vocaux (Where It Plant Your Love…, We Could Live) rappellent son caractère hallucinogène, sans en paraître malgré tout comme un farouche partisan. Bien au contraire, le premier album de Doug Tuttle se signale par son côté naturel, sa fluidité et son esprit « baba cool », renvoyant à l’idée que l’auditeur préfère parfois s’acquitter de ce courant musical sous sa forme la moins sectaire. Si tel est votre cas, cet album est définitivement fait pour vous….

 

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La disco de Doug Tuttle

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