"> Chassol @ Le Cargo 27 mars 2015 - Live Report - Indiepoprock

Chassol @ Le Cargo 27 mars 2015


L'étoile magnétique

Nous nous apprêtons à participer à la représentation live de « Big Sun » qui nous a enchanté par sa poésie solaire et son impertinence expérimentale. Quelque peu sur la défensive quant à sa transposition sur scène, nous arrivons circonspects devant cette fosse remplie de … chaises. Autant dire que nous nous situons bien loin de notre cadre habituel.

Sur la pointe des pieds et la « peur au ventre », nous prenons place sur notre selle. Chassol, arrive alors et introduit sa représentation a minima, quelques mots rapides. Il s’installe à l’un de ses deux claviers, avec pour seul compagnon son batteur, en face, et un écran en arrière-plan qui diffusera son film le temps du concert. Un environnement spartiate qui achève de nous interroger sur la pertinence de notre présence.

MAIS, l’homme se met en branle du bout de ses doigts, et nous nous rappelons instantanément ce qui nous a poussés jusqu’ici. En plus de nous retranscrire parfaitement son oeuvre, Chassol par sa présence et ses inspirations divines, hisse la voile, et nous embarque, là où la lumière brille au loin (nous y rapprochant encore un peu plus qu’avec son disque). Suivant parfaitement la chronologie du film, disponible avec l’album, il réussit la performance de pousser encore plus loin ses deux forces, expérimentations et poésie humaine. Avec l’appui de son compagnon aux percussions, au diapason de la qualité technique et artistique de l’hôte de la soirée, le pianiste poète évoluera dans des cieux de candeur, doué d’une maîtrise totale, mais toujours des plus discrètes. Le public assis est en transe d’allégresse, pas impressionné par la qualité artistique (ce qui viendra à l’heure du debreifing), mais en pleine séance de « bronzage philosophique »: on profite et on capte la lumière de l’humanité tant qu’on en a le temps.

En tant qu’indéiste, on demande bien souvent à la musique de faire résonner en nous nos démons, nos noirceurs. Chassol réussit un authentique exploit avec ce concert, à l’image de son album, en nous captant par sa vision positive de l’humain.

Au risque de jouer les démagogues ‘fleur bleue’, nos sociétés ne sont que trop faites de vulgarité, de médiocrité, de mesquinerie et de bitume pour faire l’économie de personnages solaires tels que Chassol. On retrouve dans le magnétisme de cet homme les mêmes sensations qu’à la lecture d’un Pierre Rabhi ou d’un Hubert Reeves, cette capacité à déceler la poésie en toute chose. À l’image de ces figures, arbitrairement choisies j’en conviens, le musicien s’appuie sur une expertise presque scientifique pour faire surgir la beauté artistique de son environnement. L’humilité du personnage devant la grandeur de ce qu’il voit l’empêche de n’être autre qu’un messager alors qu’à bien des égards, on a affaire à un vrai gourou.

 

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  • Publication 349 vues2 avril 2015
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