"> City Sounds Festival @ Boule Noire - 17 / 18 juillet 2015 - Live Report - Indiepoprock

City Sounds Festival @ Boule Noire – 17 / 18 juillet 2015


C’est l’été, vous seriez bien allés à New York avec cette fille rencontrée en mars au concert des Dandy Warhols mais votre banquier vous a dit niet ? Pas de problème, le City Sounds Festival est là pour accompagner vos roucoulements en faisant débarquer tout Big Apple à Paris. Petits veinards !

17 juillet

Il était prévu pour foutre le feu à la Cigale. Il l’allumera finalement à la Boule Noire, voisine à la jauge restreinte, faute d’avoir fait carton plein au niveau de la billetterie. Après avoir retourné le 104 il y a deux ans, aidé d’une affiche du feu de Dieu consacrée à la bouillonnante scène de San Francisco (Moon Duo, Thee Oh Sees, Ty Segall, Warm Soda, White Fence, etc.) avant que celle-ci devienne le pain bénit de tous les organisateurs, le City Sounds Festival jouait cette fois-ci dans la cour de l’intimité et de la proximité.

Pile à l’heure, Beech Creeps commence son set. Un rock vivace, musclé, disons, qui tiendra en alerte les headbangers de l’assemblée jusqu’à la fin. Ajoutée à une pluie de décibels, la canicule commence sévèrement à se ressentir à l’intérieur de la Boule Noire, le mercure augmente en proportion de l’énergie déployée sur scène. Le concert se clôt, il est temps d’aller faire un petit tour au stand merchandising argue le chanteur Zach Lehrhoff « PP Colada ». Pour nous, ça sera surtout histoire de prendre l’air avant d’aller transpirer devant la suite.

La suite, justement, ce sont les protégés du label Sacred Bones, The Men, qui s’en occupent. Ici, le quatuor pare ses compositions d’une aura plus sauvage et s’inscrit dans une perspective moins classique que sur le dernier album, « Tomorrow’s Hits », sorti l’année dernière. Rien de bien nouveau sous le soleil de la east coast, c’est certain, le quatuor ne renie pas ses influences, mais inutile de bouder notre plaisir, nous avons passé un bon moment. La scène leur va mieux que la chaîne hi-fi. Et l’impression prédomine à la fin que voir le groupe en concert était le meilleur moyen d’apprécier leur répertoire.

Vient enfin le grand Thurston Moore, clairement l’artiste le plus attendu de cette soirée, et celui qui lui donnera toute sa saveur surtout ! Le show débute sur des notes nettement mieux balancées que lors des prestations précédentes, le son est ample et lourd, on reconnaît d’emblée la patte du guitariste de Sonic Youth. La bassiste Debbie Googe (My Bloody Valentine, Primal Scream) l’accompagne et institue encore plus de puissance au set. Speak To The Wild et Forevermore, issus du dernier album « The Best Day« , sont épiques, petits bijoux d’épopées expérimentales, ravissent l’assistance. Nous prenons la pose de la contemplation. Cease Fire vient briser le rythme à rallonge des titres joués, réussissant l’exploit de durer cinq à six minutes, et rebooste les rangs d’un public qui n’a d’autre choix de se ventiler à la bière tellement il cuit à l’étouffée, tout condensé d’admiration qu’il est devant celui qui fit les très riches heures de Sonic Youth. Un concert qu’il aurait été dommage de rater.

18 juillet

Le samedi 18, nous sommes de retour à la Boule Noire pour la deuxième soirée du festival. Elle commence par Chinese Army, un duo improbable guitare-chant accompagné par des programmations synthétiques. On les croirait sortis des années quatre-vingt et le set a du mal à passer la rampe. C’est pauvre, le chant est tristounet et leur musique n’a même pas la bizarrerie d’Alan Vega ou la fureur des Béruriers Noirs.

Ils furent suivis par White Hills, un power trio avec des passages Hendrixiens, mais malheureusement la basse et la batterie sont lourdes, sans swing, et on a beau regarder la bassiste blonde qui semble échappée d’un groupe de hard-rock, le temps passe lentement et nous espérions mieux.

Ce furent les Heavy Trash qui sauvèrent cette deuxième soirée. Leur rockabilly vitaminé attire un public sympathique, et, comme aux concerts de Jim Jones, les gens dansent sans retenue et l’ambiance est là, good old time rocking music. Il y a un colosse à la contrebasse et un lead guitariste affûté et brillant. Le batteur n’est pas en reste et soutien l’ensemble en nous faisant vibrer. Nous avons passé un bon moment à défaut d’entendre quelque chose de neuf. C’est sûr, nous retournerons voir en concert des groupes de rockabilly.

Chroniqueur
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