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AXIOM


Un album de sorti en chez .

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Présenté tel un EP par certains ou comme le dixième album du groupe par d'autres, "AXIOM" est avant tout la bande-son du projet le plus ambitieux mené jusqu'ici par le collectif britannique...

Malgré une collection de pièces notables (à la volée, « Take My Head » ou encore « Lights »…) et d’autres beaucoup plus discutables, additionnés à d’incessants revirements de son line-up, Archive aura finalement peiné pour rester l’un des pans incontournables de l’electro/rock britannique. Maître absolu dans l’art du changement de configuration, le collectif londonien a indirectement stimulé les courroux de ses détracteurs, pire encore, l’indisposition de certains fans, las d’être ballottés au fil d’une discographie dense, mais considérée (à tort?) comme inégale.

Énième épisode de son instabilité chronique, le guitariste Steve Harris a récemment quitté le navire pour s’octroyer un répit sabbatique après treize années de bons et loyaux services. Pour autant, les départs consécutifs de plusieurs de ses membres (Craig Walker et Lee Pomeroy en tête) ont-ils réellement affecté l’équilibre créatif du groupe? L’une des pistes qui éluderait la question serait sans doute l’efficience de ses derniers albums en date, « Controlling Crowds » et « With Us Until You’re Dead », où Archive, loin d’être à son meilleur niveau, a su réviser sa génétique trip-hop/rock expérimental de manière assez convaincante.

Revenus en studio en fin d’année dernière, Archive s’est remis au travail et a enregistré une pléiade de titres en l’espace de dix jours. Conscients du caractère spontané de leur mode opératoire, les inamovibles têtes pensantes Darius Keeler & Danny Griffiths ont de suite imaginé un nouvel album complètement différent de ses prédécesseurs, illustré par un moyen-métrage d’une quarantaine de minutes dont la réalisation serait par la suite confiée au réalisateur espagnol Jesus Hernandez.

Axé autour de leurs thèmes favoris de la liberté, la crainte du chaos et de l’avenir de l’humanité, l’ambitieux projet « AXIOM » raconte l’histoire d’un peuple habitant une ville souterraine et dont la destinée est régentée par les sonneries d’un clocher, instrument de communication qui par ses signaux dissociables fut autrefois destiné aux masses. Présent aux extrémités de la pièce, ce dernier réside comme le métronome ambivalent de l’ensemble, partagé entre un alarmisme symbolique sur le titre éponyme AXIOM et ses tintements libérateurs en clôture de tracklist.

L’électro/rock parfois obscur d’Archive semble, par ailleurs, parfaitement s’accoutumer à l’exercice du conte apocalyptique, comme si le groupe anglais se devait à terme de transposer inéluctablement le pendant anxiogène de sa musique sur pellicule. Il en résulte des chapitres où l’inquiétude, l’urgence et la vindicte règnent en maître, incarnés en premier lieu par une ouverture à l’atmosphère dantesque (Distorted Angels) et poursuivie au travers du triptyque AXIOM, Baptism & Transmission Data Terminate, un enchaînement de titres qui par sa tension palpable illustrent la frénétique soif de liberté d’un peuple en proie au soulèvement. Le malaise invoqué prend ensuite des allures d’apaisement, tout d’abord au son de la voix angélique de Maria Q sur The Noise Of Flames Crashing, puis sur le rédempteur Shiver, morceau à la teneur pop venant à clore les débats par des notes sensiblement plus optimistes.

Afin d’en apprécier toute sa subtilité, la bande originale et le moyen-métrage dont celui-ci fait l’objet paraissent intimement indissociables. Récemment présenté au dernier festival de Sundance et en avant-première française au Silencio (l’antre parisienne de David Lynch), le film transpose les sept pistes de l’album sous forme de chapitres où espoirs et liberté se confrontent à l’oppression, chacun de ces sentiments baignant dans un climat rendu austère par l’absence volontaire de couleurs. Sur la question de son cheminement, Dany Griffiths est celui qui en parle le mieux :

 

« C’est vrai que ce n’est pas le mode opératoire le plus commun. Souvent les images précédant la musique. Mais il n’y avait pas de préméditation particulière au début de cette aventure. On a enregistré cette pièce d’un trait, en dix jours consécutifs. On a su très vite que ce n’était pas un album ordinaire, on sentait qu’on avançait vers quelque chose de très visuel […] On n’avait pas de désir particulier pour le film. On a laissé le réalisateur totalement libre dans sa façon d’interpréter notre musique. » (Source: welovemusic.fr)

 

La réussite de cet Archive new look et de son projet « AXIOM » tient avant tout du parfait équilibre entre la bande-son et ses illustrations visuelles. Sorti de son contexte, l’album en lui-même n’apparaîtrait en rien comme le plus abouti de son oeuvre d’ensemble. En outre, si la récurrence de sa thématique et du style dans lequel il s’emploie peuvent paraître usuels, force est de constater que le caméléon Archive sait aussi mettre sa créativité au service d’un esthétisme déconcertant…

 

 

Live-Report : Archive @ Cinéma MK2/Bibliothèque F.Mitterand (Paris) – 03 Juin 2014

Nous avons en concert le réflexe de fermer les yeux  par intermittence pour mieux apprécier la musique et faire la part de ce qui entre par les oreilles et les a priori délivrés par notre vue.  Ce mardi soir, il n’était pas nécessaire de se livrer à cet exercice, car on ne voyait pas la scène tant la foule était dense devant le cinéma MK2 du 13è arrondissement de Paris. Malheureusement, la sono n’était pas assez puissante pour laisser  parvenir à nos oreilles ce show-case acoustique de 30 minutes. Eh oui, nous nous attendions à une méga scène comme celles qui se dressent pour la fête de la musique, un vrai concert en plein air, quoi, avec une sono digne de ce nom et un show véritable. Mais ici rien de tout ça, une ambiance piano-bar certes agréable, mais un peu juste. Nous avons eu droit à une présentation des chansons du nouvel album dans une formule piano-voix agrémentée de guitare sèche. Certes cela donne un bon aperçu de la qualité des chansons, et des possibilités vocales du chanteur, mais c’est un peu court pour satisfaire nos espoirs. On attendra donc de les voir dans un vrai concert, dans une salle ou un festival, pour prendre du plaisir à leur musique si belle par ailleurs.

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Chroniqueur

Tracklist

  1. Distorted Angels
  2. Axiom
  3. Baptism
  4. Transmission Data Terminate
  5. The Noise of Flames Crashing
  6. Shiver
  7. Axiom - Reprise

La disco de Archive