"> Arman Méliès - Casino - Indiepoprock

Casino


Un album de sorti en chez .

Classifier la discographie d’Arman Méliès dans la case ‘Nouvelle Chanson Française’ serait une grossière erreur, puisque ce genre musical est trop fréquemment apparenté à la ‘grande famille’ que constituent les Bénabar & Co. Arman Méliès ne s’inscrit en aucun cas dans cette lignée. Certes, il chante en français, mais il se rapproche bien plus de […]

Classifier la discographie d’Arman Méliès dans la case ‘Nouvelle Chanson Française’ serait une grossière erreur, puisque ce genre musical est trop fréquemment apparenté à la ‘grande famille’ que constituent les Bénabar & Co. Arman Méliès ne s’inscrit en aucun cas dans cette lignée. Certes, il chante en français, mais il se rapproche bien plus de l’univers de Dominique A, d’Autour de Lucie, voire d’Alain Bashung.

"Casino", le troisième album d’Arman Méliès reste dans la continuité de ses deux premiers opus, "Néons Blancs et Asphaltine" (2004) et "Les Tortures Volontaires"(2005). On y retrouve son univers singulier, teinté de douce mélancolie, de poésie et d’atmosphères envoûtantes sur lesquelles flottent des textes toujours très soignés.

Le morceau d’ouverture, Casino – très ‘biolayesque’ (période "Rose Kennedy") dans les arrangements de cordes – est délicieusement accrocheur et promet un album particulièrement alléchant. Effectivement, l’écoute d’une seule traite se fait naturellement, tant ces chansons oniriques embarquent doucement l’auditeur et l’incitent à construire son propre film. Toujours sur un mode mineur, Arman Méliès dévoile 10 tableaux, 10 scénettes qui envoûtent paisiblement et illustrent ses talents d’auteur-compositeur-interprète. On ressent dans l’écriture de Méliès beaucoup de finesse et d’élégance: les arrangements sont raffinés, les mots glissent à merveille sur la musique, le spleen omniprésent ne tombe jamais le ‘mielleux’ ; tout est parfaitement à sa place, sans trop d’artifices ou de fioritures; ou à l’inverse, sans trop de dépouillement.

Ainsi, Casino regorge de moments gracieux : à commencer par l’inattendue reprise d’Amoureux Solitaires, les cordes de Belem, Sur Ta Peau (qui pourrait lointainement faire penser à du Blonde Redhead), le magnétique Papier Carbone; sans oublier Diva, qui referme l’album, s’étire sur plus de dix minutes en se transformant en une hypnotique plage électronique instrumentale.

Cet album ravira à la fois les mélomanes qui suivent la carrière d’Arman Méliès et les amateurs de textures et d’atmosphères mélancoliques. Au sein de la pop française, cet artiste évolue à part ; son univers si habilement ‘mis en scène’ et ses talents de songwriter qui se conjuguent dans sa langue maternelle en font une figure incontournable.

Espérons que ce troisième album lui permettra de développer sa notoriété, car Arman Méliès a été jusqu’ici trop peu médiatisé. Une injustice que ces récentes collaborations avec Alain Bashung (l’enregistrement d’un duo mais surtout l’écriture de deux morceaux figurant sur "Bleu Pétrole") devraient idéalement réparer.

Chroniqueur