"> Delorean - Subiza - Indiepoprock

Subiza


Un album de sorti en chez .

Delorean avait frappé un grand coup avec "Into The Plateau", son deuxième album, paru il y a près de quatre ans. La formule électro-rock concoctée par les Espagnols à grands renforts de guitares acides, terriblement séduisante de prime abord, s’était avérée très longue en bouche. A tel point qu’on réfléchirait à deux fois avant d’écarter […]

Delorean avait frappé un grand coup avec "Into The Plateau", son deuxième album, paru il y a près de quatre ans. La formule électro-rock concoctée par les Espagnols à grands renforts de guitares acides, terriblement séduisante de prime abord, s’était avérée très longue en bouche. A tel point qu’on réfléchirait à deux fois avant d’écarter "Into The Plateau" des places d’honneur dans un palmarès indie des années 2000… L’arrivée d’un nouvel album de Delorean suscite naturellement une curiosité et une excitation indéniables, renforcées par l’accueil très favorable réservé l’année dernière à l’excellent "Ayrton Senna E.P.".

D’abord, "Subiza" déconcerte. Beaucoup moins physique, moins percutant que "Into The Plateau", le nouveau Delorean remise les guitares au placard. Même les rythmes sont plus en retrait : le binaire forcené qui servait de locomotive au spleen dansant du groupe disparaît au profit de boucles rave qui nous ramènent volontiers au début des années 90. Pour tout dire, on ne reconnait qu’à grand peine le Delorean que l’on connaissait, même s’il resurgit fugacement sur Endless Sunset ou Grow… C’est à la fois festif et assez peu dansant : cette musique évoque surtout une soirée sur la plage (le clip estival de Stay Close n’y est certainement pas pour rien), une plage où le crépuscule jette un voile doré sur la peau de pêche de naïades nubiles oscillant lascivement au son de cette pop passée au kaléidoscope lysergique, tandis que les derniers rayons du soleil font scintiller les ultimes gouttes d’eau salée sur leurs épaules hâlées. On danse, donc, mais paresseusement, sans sudation excessive – on n’est pas dans le big beat de Brighton.

On doit être légèrement masochiste malgré tout, car on préférait pour tout dire le Delorean plus nerveux, plus stressé d’"Into The Plateau". Cette électro envapée est cependant loin d’être sans atouts, d’abord parce que les Ibères gardent intact leur sens de la mélodie astucieuse. On pourrait même considérer qu’ils jouent la carte de refrains faciles, qu’ils recourent à quelques accroches putassières, mais ils le font avec une certaine parcimonie, une intelligence qui rendent le tout délicieusement séduisant. L’efficacité est là, en tout cas sur une première moitié d’album de très haute volée, qui plonge dans un délicieux état d’euphorie cotonneuse.

Après le sommital Simple Graces, grand moment d’extase old school, l’euphorie retombe quelque peu, la faute notamment à un Infinite Desert à côté de la plaque, qui fait sortir l’auditeur de son état de transe ; Come Wander et Warmer Places, plus linéaires, s’avèrent également hors sujet. On se rend compte alors que la formule fonctionnait beaucoup grâce à l’utilisation de rythmes assez peu appuyés. Ces boucles non explicites plaçaient l’auditeur dans l’attente d’une explosion qui ne se produisait jamais réellement – mélange tantrique d’excitation et de frustration. Lorsque les derniers morceaux se font plus ciblés, cet état second disparaît et l’on voit plus facilement l’envers du décor d’une fin de soirée sur le sable : les naïades n’ont pas la peau aussi bronzée, aussi lisse qu’on le pensait, l’acné et les cernes redeviennent visibles. Il est temps de se quitter sur un It’s All Ours qui, in extremis, ressuscite la belle insouciance du début d’album. "Subiza" ne passera peut-être pas l’automne alors profitons-en pendant qu’il est temps : cet été, Delorean devra s’inviter dans vos valises…

Chroniqueur

Tracklist

  1. Stay Close
  2. Real Love
  3. Endless Sunset
  4. Grow
  5. Simple Graces
  6. Infinite Desert
  7. Come Wander
  8. Warmer Places
  9. It’s All Ours

La disco de Delorean