Huitième album studio pour Interpol et le premier depuis 2022. « This Mirror Weighs A Ton » est dans la veine de ce qu’on peut attendre du groupe. Mais attention, les New-yorkais en profitent encore pour évoluer. Pas mal du tout !
Chaque sortie d’un nouveau Interpol est à marquer d’une pierre blanche dans les calendriers de tout fan d’indie rock qui se respecte. Et « This Mirror Weighs A Ton » ne déroge pas à la règle. On peut même dire qu’il fait mieux que ça, il nous dope les oreilles !
Produit par Andrew Wyatt (Rosalía, Charli xcx) et mixé par David Fridmann (Sleater-Kinney, MGMT), « This Mirror Weighs A Ton » élargit la palette sonore d’Interpol grâce à l’ajout de cordes, de bois, d’harmonies vocales superposées, de guitare acoustique, tout en préservant l’approche rythmique et mélodique caractéristique du groupe. L’album a été enregistré dans le studio de Wyatt, dans le Lower East Side de Manhattan. C’est la première fois depuis plus de dix ans que le groupe réalise un disque dans son fief d’origine. Il s’agit aussi du premier album d’Interpol pour Partisan Records, label indépendant en plein essor qui a récemment attiré des noms tels que Beth Orton et PJ Harvey. Et puis c’est le premier disque auquel participe Brad Truax, bassiste de tournée de longue date désormais promu membre officiel du groupe.
« This Mirror Weighs A Ton » fait preuve d’une noirceur désarmante, servie comme il se doit par la voix lancinante de Paul Banks. Ici, clairement, la forme épouse le fond et tout concourt à nous perdre dans les méandres des nuits d’Interpol. « 5 heures du matin », chante le crooner post punk dès l’ouverture de See Out Loud. Ce détail frappe, tant une aura nocturne a toujours entouré le groupe new-yorkais : les atmosphères sombres et hantées de leur musique, l’ambiguïté surréaliste de leurs récits qui évoquent des images incertaines et soulèvent des questions intimes et dérangeantes et le chant de Banks lui-même. Il donne le ton d’un album qui enrichit les atouts du groupe — à savoir la guitare incisive et minimaliste de Daniel Kessler et la batterie inventive et entraînante de Sam Fogarino — en y intégrant des éléments électroniques, des cordes et donc les lignes de basse composées par Brad Truax.
Dès les premières secondes de This Mirror Weighs A Ton, le morceau éponyme, s’inscrit dans un registre totalement inédit : un groove spacieux, hypnotique et envoûtant. Quant à So Rides The Reindeer, il marque la première utilisation d’une guitare acoustique sur un titre d’Interpol.
On pourrait gloser sur chaque morceau de l’album tant il apporte sa pierre à l’édifice d’un retour aux sources doublé d’une évolution (à défaut de révolution).
Alors certes, on peut être nostalgique du fameux « Antics », sorti en 2004 et disque quasi parfait. Mais 25 ans plus tard, les New-Yorkais sont encore là et frôlent les cîmes du rock indé mâtiné de post punk.
A n’en pas douter, dans « This Mirror Weighs A Ton », Interpol fait du… Interpol – de haut vol s’il vous plaît – et c’est très bien comme ça !
- Publication 467 vues1 septembre 2026
- Tags indierockpost punkInterpolPartisan Records
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Interpol sur la route
Tracklist
- This Mirror Weighs a Ton
- See Out Loud
- Iron City
- Wounded Soldier
- Wings On Fire
- Ever the Actor
- So Rides the Reindeer
- Darling Thoughts
- Wake Up
- Enemy
- Bird and The Serpent
- Sudden













