"> The Decemberists - As It Ever Was, So It Will Be Again - Indiepoprock

As It Ever Was, So It Will Be Again


Un album de sorti en chez .

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Le groupe de Colin Meloy revient régénéré après six ans d'absence.

Le parcours du groupe mené par Colin Meloy est encore une fois assez classique. Formé au début des années 2000, c’est avec « Picaresque » en 2005 que la bande attire vraiment l’attention avec sa pop bariolée, théatralisée et littéraire. Le succès de l’album leur ouvre les portes du prestigieux label Capitol et en 2006 les ambitions de Colin Meloy et consorts trouvent leur meilleure expression avec « The Crane Wife », double album quelque peu conceptuel autour d’une légende japonaise, mais surtout imposant écrin de grands moments d’élans musicaux audacieux à l’écriture virtuose. Cet album aurait dû constituer un paroxysme mais, comme souvent, le tourbillon des ambitions crée la surenchère qui, pour The Decemberists, prendra la forme de « The Hazards Of Love » en 2009 qui, cette fois, se voulait carrément un opera rock parfois inspiré mais avec surtout son lot de gadins et de moments pompiers. Inéluctablement, le groupe est sorti de l’expérience lessivé et dans une impasse musicale puisque, après ça, impossible d’aller plus loin. « The King Is Dead », paru en 2012, a pris la forme d’un retour à la modestie et à la simplicité qui, comme de bien entendu, mettait surtout en exergue l’impossibilité à trouver un nouvel horizon. Les six années qui ont suivi, avec la publication de deux nouveaux albums, ressemblaient à un triste crépuscule pour un groupe qui semblait continuer à exister faute de ne pas avoir d’autres options. Depuis 2018, le groupe n’avait plus rien publié et, encore une fois, cela répondait à la logique de leurs parcours.

Et voilà que après ces six années de silence, The Decemberists reviennent aux affaires avec ce « As It Ever Was, So It Will Be Again ». Et dès la première écoute de Burial Ground, qui ouvre le disque, on comprend, comme on pouvait l’espérer, que ce retour se fait parce que Colin Meloy et ses comparses ont retrouvé la flamme. Pour tous ceux qui connaissent un peu le groupe, c’est immédiatement évident : Colin Meloy retrouve sa verve de chanteur conteur, le rythme est enlevé et la mélodie virevoltante. Sur Oh No !, le groupe enfonce le clou en donnant à sa pop une dynamique chaloupée à coups de cuivres inspirés. On tient alors là ce qui fait l’essence du groupe : des morceaux soignés, du souffle, une instrumentation opulente et variée, un plaisir gourmand pour raconter des histoires. On retrouve aussi le pêché mignon du groupe qui consiste à en faire un peu trop. Treize morceaux, soixante-sept minutes, ça demande à laisser quelques moments de côté, même s’ils ne sont pas nombreux. En outre, précisons que la longueur du disque est en grande partie due à son titre final, Joan In The Garden, qui s’étire à lui seul sur dix-neuf minutes, long drone final et reprise inattendue compris.

Mais ce morceau est bien emblématique de l’ambition et de la flamme retrouvée des Decemberists. Sur ce titre, Colin Meloy brode autour de la figure de Jeanne d’Arc et des visions qui la traversaient et, musicalement, le morceau se développe brillamment avec un superbe pont fait de distorsions de guitares, d’un rythme de batterie délicatement affolé et de cloches qui ouvrent sur un final en feu d’artifice joliment assumé par Colin Meloy. Au final, « As It Ever Was, So It Will Be Again » est un vrai plaisir inattendu qui se savoure sans la moindre once de nostalgie, l’album pouvant aussi constituer une parfaite porte d’entrée à l’univers du groupe pour de nouveaux auditeurs.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Burial Ground
  2. Oh No!
  3. The Reapers
  4. Long White Veil
  5. William Fitzwilliam
  6. Don't Go to the Woods
  7. The Black Maria
  8. All I Want Is You
  9. Born to the Morning
  10. America Made Me
  11. Tell Me What's on Your Mind
  12. Never Satisfied
  13. Joan in the Garden