"> The Decemberists - The King Is Dead - Indiepoprock

The King Is Dead


Un album de sorti en chez .

Même si la carrière des Decemberists est avant tout une histoire américaine – le succès du groupe est bien établi aux Etats-Unis et le groupe sillonne sans relâche le pays alors qu’il s’aventure rarement sous nos latitudes – les amateurs de pop lettrée d’ici savent que leur parcours est un des plus intéressants de l’époque. […]

Même si la carrière des Decemberists est avant tout une histoire américaine – le succès du groupe est bien établi aux Etats-Unis et le groupe sillonne sans relâche le pays alors qu’il s’aventure rarement sous nos latitudes – les amateurs de pop lettrée d’ici savent que leur parcours est un des plus intéressants de l’époque. Après « Picaresque », qu’on peut considérer comme leur premier véritable sommet et qui avait révélé une écriture ample, pleine de verve, pétrie de folklore et d’érudition, ils avaient enchaîné avec un « Crane wife », double album foisonnant et qui avait mis en exergue le goût du groupe pour les concepts. Logique poussée jusqu’au bout sur « The hazards of love », véritable album-concept en mode superproduction. Mais si dire que le groupe s’était planté sur ce disque serait un peu exagéré, l’exercice n’avait pas échappé aux excès du genre et un peu viré à l’opéra-rock assez pénible par moments. Avec « The king is dead » les Decemberists avaient donc deux options : continuer dans la même veine au risque de devenir définitivement un groupe boursouflé, ou retrouver le plancher des vaches.Don’t carry it all donne sans tarder quelques éléments de réponse : harmonica, guitare acoustique, violon, chant « terrestre » et sans effets, tout indique un retour aux fondamentaux, ce qui est, avouons-le, plutôt rassurant. Le morceau est d’ailleurs assez agréable, sans être inoubliable. Le reste de l’album se révèle très vite à l’avenant, et « The king is dead » s’affirme donc comme l’album du retour à la simplicité, sans concept, ramassé. Le point positif, en dehors de nous démontrer que Colin Meloy et les siens ne se sont pas laissés dévorer par l’ambition, est que l’on peut apprécier à quel point les Decemberists sont un bon groupe, un vrai groupe : fluidité du jeu, belle unité, pas de doute, on a là une des meilleures formations de pop pastorale. En revanche, le point négatif est que les compositions de Colin Meloy sont quelque peu timorées, comme si notre homme, désireux de retrouver ses marques, s’était attelé à travailler ses schémas et à s’y tenir. C’est en tout cas l’impression qui se dégage des trois premiers morceaux.

Avec Rox in the box, le groupe semble enfin se « lâcher » un peu, un accordéon vient faire entendre sa mélodie en contrepoint du chant, le tout est enlevé, et on à là du Decemberists à leur meilleur. La seconde moitié du disque est globalement meilleure, et d’autres bons moments se détachent; comme June hymn et le très réussi – et sans doute sommet de l’album – This is why we fight,, véritablement débridé, et dont Colin Meloy reprend le refrain avec une conviction véritablement affirmée. On sort donc de ce disque avec un sentiment qu’on veut globalement positif, puisqu’on a retrouvé un groupe  recentré sur son art. Reste néanmoins l’impression d’avoir affaire à un groupe convalescent, meurtri d’être allé trop loin et qui nous offre un album de transition. Si c’est le prix à payer pour repartir vers de nouveaux sommets avec eux, on ne leur en tiendra pas rigueur.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Don't Carry It All
  2. Calamity Song
  3. Rise To Me
  4. Rox In The Box
  5. January Hymn
  6. Down By The Water
  7. All Arise!
  8. June Hymn
  9. This Is Why We Fight
  10. Dear Avery